«Nous sommes favorables par principe à toute initiative allant dans le sens d’une plus grande sécurité du système financier. Nous voyons particulièrement d’un bon œil l’arrivée de ce nouveau projet de loi» commente d’entrée de jeu M Fernandez-Bollo.

Selon ce dernier, cette réglementation devrait inciter les banques à redoubler d’effort concernant la classification, l’évaluation, l’interrogation, la clarification des risques. En cela elle devrait constituer un complément non négligeable dans la précision des limites quantitatives et qualitatives des risques.
L’ACP, contrairement à ce qui se passe chez l’autorité de régulation américaine, n'a pas souhaité définir toute une série d’indicateurs pour ne pas restreindre sa capacité à agir. La tâche de cette définition incombera aux responsables des institutions bancaires.

« Il est hors de question que nous acceptions une simple déclaration d’intention de la part des banques » met en garde cependant Édouard Fernandez-Bollo. «Les méthodes de contrôle des risques seront rigoureusement examinées. Il y aura une objectivisation par des mandats, si besoin desk par desk. On contrôlera la pertinence des justifications des limites fixées au regard de  l’historique des demandes des clients et l’effectivité des contrôles internes ».
L’ACP devrait avoir assez d’effectifs et de compétence pour remplir ses missions, assure le secrétaire général adjoint de l’ACP. «Nous sommes dans un processus de renforcement de nos équipes».

Une plus forte crédibilité des banques françaises

A la question posée par le président de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, de savoir si la nouvelle réglementation sera de nature à renforcer la crédibilité des banques françaises dans la compétition européenne et mondiale, Édouard Fernandez-Bollo répond sans équivoque par la positive.
«La crédibilité des banques françaises devrait s’en trouver renforcée. Elles seront mieux perçues au niveau du contrôle des risques» avance avec confiance M Fernandez-Bollo.
Pour ce dernier, le marché financier devrait aller au-delà du coût qu’exigera dans un premier temps la mise en œuvre de cette nouvelle législation et se dire que le retour sur investissement en termes de sécurité vaudra le coup.
«Je pense que le seul moment où les banques françaises ont dû faire face à une crise de défiance de la part des investisseurs, était en août 2011 au sommet de la crise européenne, lorsque les fonds monétaires américains se sont massivement retirés et que la capacité de refinancement en dollar a été insuffisante. Si cette séparation entre les activités des banques françaises avait été en vigueur à l’époque, la dépendance à la liquidité dollar se serait fait moins ressentir, le choc aurait été moins important ».
A l’avenir les banques françaises paraîtront donc plus résilientes.

L’enjeu essentiel, la liquidité

Selon M Édouard Fernandez-Bollo, l’enjeu principal liée à la séparation des banques en deux entités distinctes : la maison mère pour les activités considérées comme utiles au financement de l’économie et la filiale qui englobera les activités moins utiles- essentiellement les activités de marché- résidera dans la liquidité.
La filiale devra avoir ses propres capitaux et sa propre liquidité. «Autant les banques françaises sont à ce jour bien capitalisées, autant il leur reste à parcourir un chemin important pour ce qui est du respect des contraintes de liquidité. Il sera très important de définir pour la filiale une politique de liquidité solide tout en évitant de fragiliser la liquidité de la maison mère ».

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