En fin d’année dernière, l’actuel premier ministre, Shinzo Abe, n’a cessé de réitérer à plusieurs reprises lors de sa campagne et à la suite de son élection, son intention de voir la Banque centrale du Japon intervenir plus activement afin de sortir le pays de la déflation et de relancer la croissance. L’objectif de voir le yen se déprécier vis-à-vis des autres grandes monnaies, comme le dollar et l’euro, a même été explicitement affiché.
La cible d’inflation a alors été relevé de 1% à 2% et la décision a été prise d’annoncer le lancement, à compter de janvier 2014, d’un programme de rachat d’actifs japonais de grande envergure, à hauteur de 13 000 milliards de yens, soit environ 145 milliards de dollars par mois.

Ces annonces faites par les autorités japonaises auraient relancé le débat de la guerre des monnaies à un moment où beaucoup de pays développés n’étant pas en mesure de s’appuyer sur un redémarrage de leur moteur interne-du fait des processus de désendettement de pouvoirs publics et des agents privés (entreprises et ménages)- sont fortement tentés de tirer profit de la reprise du commerce mondial grâce à une dépréciation de leur monnaie.

EasyBourse a souhaité creuser cette question de la guerre des monnaies en interrogeant plusieurs experts issus d’entités différentes et travaillant sous diverses casquettes.
Les questions posées ont alors tourné autour des mêmes problématiques : est-on à ce jour dans une guerre des monnaies ? Si tel n’est pas le cas, celle-ci constitue-t-elle un risque important ? Quels seront les principaux acteurs de cette guerre ? L’euro sera-t-il le grand perdant de la lutte acharnée ?

Parmi les experts qui ont répondu présent à l’appel, figurent :

♦ Benjamin Carton, économiste au Cepii, professeur à l'ENSAE, à l'Institut Catholique de Paris et à Sciences-po : « Je ne m'attends pas à une tendance haussière de l'euro pour cette année »

♦ Michel Santi, économiste indépendant, consultant de Banques centrales et d'Organisations internationales : « L'euro sera le dindon de la farce de la guerre des monnaies déclarée »

Didier Borowski, responsable de la stratégie et de la recherche économique chez Amundi : « Guerre des monnaies : l' l'engagement des pays du G7 sonne creux »

♦ Philippe Waechter, responsable des études économiques chez Natixis Asset Management : « Nous ne sommes pas encore en guerre des monnaies, mais celle-ci pourrait se profiler »

♦ Vincent Juvyns, stratégiste au sein d'ING Investment Management : « Dévaluation des monnaies : la Fed est la seule à avoir la capacité de ses ambitions »


♦ Fabrice Cousté, directeur Général de CMC Markets France : « La pression des marchés pourrait amener la parité euro-dollar à évoluer à 1,45 en fin d'année »