Les stress tests sont devenus aux Etats-Unis un moyen conventionnel pour les régulateurs de surveiller la bonne santé du système bancaire, après la crise de fin 2007. Ils ont pour objectif de déterminer si les plus grandes banques ont des niveaux de fonds propres adéquats pour faire face à des chocs éventuels sur les marchés.

Ils visent à permettre à la Fed de décider si les banques sont en droit, eu égard à la solidité affichée, de réaliser des opérations d’achat d’actions ou de versement de dividendes aux actionnaires. L’idée étant de ne pas reproduire ce qui s’est passé en pleine crise. En 2007, alors que les prix de l’immobilier étaient en chute libre, les 19 plus grandes banques américaines ont versé 43 milliards de dollars de dividendes aux actionnaires. En 2008, alors que les perturbations s’intensifiaient, 39 autres milliards de dollars ont été distribués. Parallèlement, le gouvernement a dû mettre en place, à l’aide des fonds des contribuables, un programme pour acheter 204,9 milliards de dollars d’actions de préférence à 707 institutions financières en difficulté.

Quatre stress tests ont été réalisés depuis 2009. Selon la Fed, si des avancées ont été faites dans les techniques d’évaluation des fonds propres, du chemin reste à parcourir. Certaines grandes banques seraient toujours dépourvues de systèmes et de politiques complets pour modéliser, tester, reporter et planifier les chocs économiques.  Certains risques spécifiques ne sont pas pris en compte ou mal appréciés. Certaines projections de pertes, de revenus, de dépenses ne sont pas robustes, transparentes et répliquables. Des problèmes de gouvernance dans la mise en œuvre des planifications établies sont relevés. Certaines banques n’ont pas les dispositifs appropriés pour pouvoir collecter, synthétiser, analyser et délivrer des informations rapidement et efficacement.

La prochaine série de stress tests administrés par la Fed doit commencer cet automne. Ces examens concerneront les 18 banques qui ont participé à ceux de 2013 ainsi que 12 banques additionnelles ayant des actifs de plus de 50 milliards de dollars d’actifs.

En mars, la Fed avait approuvée 14 des 18 planifications de fonds propres qui lui ont été soumis. Elle a demandé à JP Morgan et Goldman Sachs de revoir leur copie sur le plan qualitatif et à Ally Financial et BB&T de réviser leur analyse quantitative.
JP Morgan et Goldman Sachs ont signalé avoir l’intention de déposer un nouveau rapport d’ici la fin du troisième trimestre. BB&T a transmis sa nouvelle étude le 11 juin dernier. Ally ne s’est pas encore manifesté.