« Nous devons accepter le fait que certaines banques n'ont pas d'avenir. Nous devons en laisser quelques unes disparaître de manière ordonnée, et pas forcément essayer de les fusionner avec d'autres institutions ». La position de la toute nouvelle présidente – française – du mécanisme de supervision unique (MSU) de la Banque centrale européenne sonne comme un avertissement aux établissements qui ne satisferaient pas aux exigences de liquidité et de fonds propres du régulateur européen.

Danièle Nouy présidait jusqu’en décembre l’Autorité de contrôle prudentiel, le gendarme du secteur banque/assurance en France. Elle a été choisie par la BCE pour diriger le tout nouveau mécanisme de supervision unique (MSU) et évaluer la solidité financière de 130 établissements de la zone euro. « Je ne sais pas combien de banques doivent faire faillite. Ce que je sais, c'est que nous voulons avoir le plus haut niveau de qualité », a-t-elle expliqué lundi au Financial Times.

Mme Nouy a cependant nuancé ses propos. Selon elle, les stress tests en cours sur les principaux établissements de la zone euro montreront la solidité du secteur bancaire européen et rassureront les investisseurs. La plupart des banques ont en effet « nettoyé » leurs bilans et renforcé leurs fonds propres ces dernières années. Mais s’il reste des zones de risque, Mme Nouy se déclare prête à agir. « Une des plus grandes leçons de la crise actuelle est qu'il n'y a pas d'actifs sans risque, y compris la dette souveraine... Cela ayant été démontré, nous devons réagir », a-t-elle affirmé.

Cela étant la décision de fermer un établissement relève en dernier ressort des Etats membres et non de la BCE ou de la Commission européenne. Une telle décision reste donc à l’heure actuelle hypothétique.