Non, la taxe sur les transactions financières n’est pas enterrée. Malgré les désaccords persistants entre pays européens François Hollande a affirmé qu’elle verrait le jour avant la fin de son quinquennat. « J’ai demandé au ministre des Finances Michel Sapin dès le mois de janvier de réunir les ministres des Finances des onze pays concernés pour mettre en place pour 2016 – au plus tard 2017- cette taxe sur les transactions financières en Europe », a affirmé le chef de l’Etat lundi au micro de France Inter.

La date du 1er janvier 2016 avait été initialement retenue par les onze pays de la zone euro souhaitant instaurer la taxe, mais les discussions sont au point mort. Plusieurs associations accusent la France de vouloir vider le projet de sa substance en proposant de taxer uniquement les actions et quelques produits dérivés, exonérant ainsi jusqu’à 90% des transactions financières. Ce lundi François Hollande a pourtant plaidé pour que l'assiette soit « la plus large possible ». « Mieux vaut prendre tous les produits de la finance, avec un taux faible, pour qu’il n’y ait pas de désorganisation des marchés et en même temps qu’il puisse y avoir cette correction » des abus de la finance, a-t-il précisé. Sont notamment visés les produits dérivés : options sur les actions, les obligations, couvertures de change, swaps de taux ou de crédit (CDS), dont les banques françaises comptent parmi les principaux détenteurs.

En cas de taxation ces dernières agitent la menace d’une déstabilisation du secteur et de conséquences sur le financement des entreprises. Mais François Hollande voit dans la taxe sur les transactions financières l’une des clés du succès de la grande conférence sur le climat prévue à Paris fin 2015. En effet, afin de convaincre les pays émergents de signer un accord contraignant de réduction de leurs émissions de CO2, les pays industrialisés devront mettre la main à la poche. « Il faut trouver 100 milliards de dollars sur un fonds vert », a souligné le chef de l’Etat. En cette période de disette budgétaire, la TTF semble être l'outil idéal: « Une partie de la taxe, peut-être même la totalité, devrait être mise au service de ce fonds vert », a-t-il estimé. Une proposition qui demande, elle aussi, à être débattue au niveau européen.