L’Eurostoxx affiche une perte de 3,46% sur le dernier mois et de 2,37% sur les sept derniers jours. Le fléchissement de l’indice européen est à relier étroitement à la vive remontée des taux des pays cœur de la zone euro, en premier lieu desquels le taux à dix ans allemand, référence sur les marchés, qui est passée de 0,07% fin avril à 0,9% la semaine dernière.

«Cette remontée, bien que violente, correspond avant tout à une correction d’excès commis en début d’année sur le marché des taux, et n’est pas de nature à remettre en cause la donne pour les allocataires d’actifs selon laquelle l'environnement de taux bas a vocation à perdurer et une recherche de rendement plus attractifs est effectuée du côté des actifs risqués» assure Catherine Garrigues.

Ce faisant, une poursuite de la performance des actions de la zone euro est clairement envisagée par cette dernière. « Une performance de 20% supplémentaires n’est pas à exclure au cours des 12 prochains mois, avant la fin du programme de quantitative easing de la BCE ». Cette performance serait alimentée par une hausse des profits d’environ 15% et une expansion des multiples d’environ 5%.

Sur le plan sectoriel, la responsable d’Allianz GI se veut très prudente s’agissant du secteur automobile et plutôt confiante en ce qui concerne le secteur des télécoms.

«Historiquement depuis la seconde guerre mondiale, aucun cycle de croissance sur le marché automobile n’avait duré plus de 6 ans. Le cycle actuel en est à sa septième année. Il est notamment porté par la montée en puissance du marché chinois qui n’existant pas dans les années 1990 a fini par dépasser la taille du marché européen et du marché américain » commente l'experte d'Allianz GI.
Cet essor a été à l’origine du parcours boursier spectaculaire de nombreux grands constructeurs comme Volkswagen (+18,35% depuis début janvier) ou Daimler (+19%).
Cependant d’ici 2017, il est estimé que les capacités de production chinoises dépasseront les 30 millions de véhicules. « Assez mécaniquement le taux d’utilisation devrait diminuer entre 70 et 75%. Or à un tel niveau, la rentabilité des industriels du secteur risque d’être fortement mise à mal. Pour cette considération fondamentale, nous sommes très sélectifs sur le secteur et préférons nous positionner sur des histoires de restructuration plutôt que sur des constructeurs allemands habitués à tirer leur croissance de leurs ventes » signale Catherine Garrigues.

L’engouement affiché pour le secteur des télécoms se justifie par le fait que celui-ci continue à connaitre une totale ébullition. « Nous assistons à un vaste jeu de monopoly au niveau européen. Alors qu’aux Etats-Unis qui compte 320 millions habitants, dominent quatre grands opérateurs, en Europe pour 550 millions d’habitants sont comptabilisés plus de 200 opérateurs. La consolidation du secteur s’impose donc d’elle-même, ce d’autant plus avec la montée en puissance de la 4G et de la rupture technologique de la convergence. Le déploiement de nouvelles infrastructures en vue d’accompagner l’explosion du trafic des données autorisent des hausses de prix dans les forfaits proposés et une stabilisation des revenus en conséquence » développe la responsable de la gestion actions Europe d’Allianz GI.
Cette dernière précise ne pas procéder spécialement à un stock picking mais jouer l’ensemble des grands acteurs pour tirer avantage au maximum du repricing et de la poursuite des opérations de fusion acquisition dans le secteur.