En considérant les données aujourd’hui disponibles, et au regard de l’évolution à venir de la situation au sein de la zone euro, la cartouche d’un quantitative easing numéro deux pourrait bien être utilisée par la Banque centrale européenne, mais pas à court terme.

L’attente pressentie de la BCE est justifiée par plusieurs considérations. Tout d’abord, la reprise économique dans la région parait bien établie. L’inflation, hors prix des produits énergétiques et prix des denrées alimentaires s’inscrit dans une tendance haussière. Il n’y a donc pas d’urgence à agir.

Ensuite, le quantative easing dans sa première version n’a commencé à être exécuté qu’il y a quelques mois. Il n’a ainsi pas encore eu le temps de déployer tous ses effets. Qui plus est, l’éventualité de mener un nouveau programme de quantitative easing est bien ancrée dans les esprits des investisseurs et a déjà eu une incidence sur la valorisation des actifs financiers européens.
Enfin, l’annonce d’un deuxième quantative easing pourrait avoir une répercussion contre productive si elle devait se faire dans les semaines à venir. Elle risquerait d’alimenter l’inquiétude des investisseurs au sujet du rétablissement de la santé économique de la zone euro.

L’expert précise, par ailleurs, qu’une baisse supplémentaire du taux de rémunération des dépôts effectués par les banques européennes auprès de la BCE est envisageable d’ici septembre 2016, mais peu probable car d’une efficacité très questionnable. Une diminution supplémentaire de ce taux pourrait s’avérer néfaste pour l’économie de la zone euro dans la mesure où les banques pourraient vouloir répercuter à leurs clients le renchérissement du cout de stockage de leur liquidité excédentaire auprès de l’institution monétaire européenne.

Cap sur les obligations des entreprises risquées européennes


Compte tenu des fondamentaux actuels, et de ce soutien potentiel additionnel de la BCE, la classe d’actifs qui présente à ce jour, sur l’ensemble des marchés financiers, le meilleur couple rendement/risque est celle des obligations des entreprises risquées européennes (dites également obligations à haut rendement ou obligations high yield).

« Le taux de défaut se veut être relativement limité, autour de 2%. Les entreprises européennes se sont considérablement assainies depuis la crise de 2008 et ont désormais un faible niveau d’endettement. Il y a une réticence notable de la part des investisseurs de s’orienter vers ces instruments financiers si bien que l’offre reste abondante par rapport à la demande. De ce fait, le rendement offert s’élève encore autour de 4,70%, ce qui est très significatif par rapport à ce que peuvent procurer les obligations souveraines des Etats « cœur » et des Etats périphériques de la zone euro. Enfin, les prix ne sont pas trop chers. Une configuration aussi propice est observable une fois tous les deux » explique Frédéric Rollin.