« La réponse de Wall Street à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis dépendra fortement de la dissociation que saura crée M Trump entre le show man et l’homme d’Etat » avance Christophe Donay lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 17 juin. Si cette dissociation n’a pas lieu, l’attitude de Wall Street sera éminemment négative dans la mesure où le show man prône entre autres le protectionnisme.

Mais le pire n’est pas certain, rassure Christophe Donay. A ce jour, Donald Trump dispose de trois conseillers économiques, Stephen Moore, Larry Kudlow et Arthur Laffer. A entendre ce dernier qui pourrait être désigné comme le conseiller économique de M Trump s’il était élu, Donald Trump aurait tendance à aborder les échanges internationaux sous le prime de la délocalisation des emplois, ce qui justifie son hostilité à l’égard de l’ouverture des frontières. « Or pour Arthur Laffer, les échanges internationaux doivent être davantage perçus sous l’angle du pouvoir d’achat. L’idée étant que si des produits de bonne qualité étaient fabriqués moins chers à l’étranger et importés ensuite sur le territoire américain, cela générerait un gain de consommation pour les ménages et un surplus d’activité pour les entreprises américaines éclaire Christophe Donay.

Arthur Laffer défend également comme position économique un retour aux années 1980, poursuit le responsable de Pictet Wealth Management. « Cette position revient à favoriser la prise de risque, l’investissement, et à mettre en place des baisses d’impôts aussi bien pour les entreprises que pour les ménages aux revenus les plus élevés ».

De telles idées si elles étaient mises œuvre seraient probablement positives aux yeux des marchés financiers à condition de réussir à faire accepter parallèlement les déficits budgétaires qui les accompagneront au préalable. « La communication autour des grandes lignes du programme économique qui sera in fine implémenté sera très importante ».

Le tournant serait décisif pour les Etats-Unis si tant est que les Républicains parvenaient à avoir la majorité à la fois au Sénat et au Congrès. « Nous passerions d’une politique budgétaire et fiscale keynésienne à une politique budgétaire et fiscale de l’offre reaganienne », conclut Christophe Donay.