Dans un environnement de taux bas et d'accélération de l'activité en France et dans la zone euro, comment se sont comportées les banques tricolores au premier semestre ? Avec la publication des résultats de Crédit Agricole, la dernière à dévoiler ses comptes ce jeudi, c'est un bilan mitigé qui se dessine.

La banque verte a fait état d'une hausse de 58% de son bénéfice semestriel, à 2,2 milliards d'euros, grâce à une activité soutenue dans tous les métiers et une "bonne maîtrise des charges". Le produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires pour les banques) a, lui, progressé de 10%. "C'est le meilleur trimestre de Crédit Agricole S.A. depuis 2011, sachant qu'à l'époque le bénéfice intégrait 25% du résultat des caisses régionales", a commenté Philippe Brassac, le directeur général de CASA, lors d'une conférence téléphonique. Les 39 caisses régionales du Crédit Agricole ont en effet racheté il y a un an la participation de 25% détenue par Crédit agricole S.A. (Casa) à leur capital. Cette opération a permis à CASA de renforcer ses fonds propres et a également modifié le profil de la banque, en le rapprochant de celui de Natixis, la banque d'affaires cotée de son cousin mutualiste BPCE.

Ce n'est pas un hasard si Natixis a lui aussi publié des résultats en nette hausse pour le premier semestre. Son bénéfice net est ressorti à 768 millions (+32%) pour un chiffre d'affaires en hausse de 11%. Comme chez Crédit Agricole, les divisions de banque d'investissement et de financement (BFI) et la gestion d'actifs ont tiré les résultats.

La plus grosse banque française par la capitalisation, BNP Paribas, a quant à elle publié des résultats solides mais ternis par des éléments exceptionnels. Ainsi le bénéfice net semestriel ressort en baisse de 1,9% à 4,29 milliards. Cette baisse est due à un "effet de base" défavorable, le résultat du premier semestre 2016 intégrant une plus-value de cession (Visa Europe) de 600 millions d'euros. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net ressort en hausse de 15%. Là encore ce sont les activités de marché et de financement aux grandes entreprises qui ont tiré le produit net bancaire, alors que les revenus de la banque de détail stagnent dans les principaux pays d'implantation du groupe (France, Italie Belgique et Luxembourg) du fait des faibles marges d'intérêt.

La principale déception de ce premier semestre est venue de Société Générale. La banque de la Défense accuse un recul de 24% de son bénéfice net, à 1,8 milliard d'euros, après avoir passé des provisions pour différents contentieux. SocGen a notamment versé près d'un milliard d'euros (963 millions) au fonds souverain libyen pour solder un litige lié à la crise de 2008. Si le groupe a dégagé de bonnes performances dans la banque de détail à l'étranger, il a reconnu avoir fait moins bien que ses concurrents dans les activités de marché, qui sont traditionnellement son point fort. La division Banque de Grande Clientèle et solutions aux investisseurs a ainsi vu ses revenus baisser de 4,7% au deuxième trimestre.

Ces résultats ont été sanctionnés par une chute de 4% du titre. Depuis le début de l'année SocGen accuse un retard sur ses homologues du secteur, avec un gain de seulement 3% contre 10% pour BNP Paribas, 15% pour Natixis et 25% pour Crédit Agricole.