La réunion du comité de place financière Paris 2020, ce mardi à Bercy, n'a pas été de tout repos pour les représentants des banques françaises, d'après Les Echos. Les dirigeants des principaux établissements bancaires se seraient fait taper sur les doigts par le ministre de l'économie, Bruno Lemaire, qui jugerait insuffisants leurs efforts en matière de relocalisation d'emplois en France dans le cadre du Brexit.

La France a en effet décidé de dérouler le tapis rouge aux sociétés financières implantées sur les bords de la Tamise en réduisant les contraintes pesant sur le secteur : suppression de la tranche supérieure de la taxe sur les salaires, révision du mode de calcul des indemnités de licenciement, abandon de la taxe sur le trading haute fréquence. "Ces mesures sont un signal fort pour les banques étrangères devant transférer des effectifs dans l'Union européenne, comme pour les grands groupes bancaires français", avait reconnu la Fédération bancaire française mi-juillet, évoquant, pour les établissements tricolores, le transfert d'environ un millier d'emplois à Paris.

Cependant, on attend encore le détail des emplois concernés pour chaque établissement. Les banques françaises "n'ont annoncé aucune mesure particulière depuis leur dernière rencontre avec Bruno Le Maire", note Les Echos. "Seul le Crédit Agricole a déclaré transférer sa plate-forme de trading d'obligations souveraines de Londres à Paris. Et encore, ce dernier a souligné que cette décision n'était pas liée au Brexit". D'où une certaine impatience du côté de Bercy, où Bruno Lemaire répète l'objectif de faire de Paris la première place financière du continent et d'attirer un maximum d'emplois liés au Brexit. D'ailleurs il n'hésite pas à défendre d'autres mesures comme la suppression de l'ISF, élément essentiel selon lui de l'attractivité du territoire.

Même si les banques françaises traînent des pieds, ces efforts pourraient être récompensés. Vendredi la banque américaine Citi a annoncé aux Echos avoir demandé une licence pour ses activités de marché en France. Le même jour, le patron de Bank of America Merrill Lynch rencontrait le Premier ministre Edouard Philippe afin d'examiner la relocalisation de quelque 300 traders dans l'Hexagone. Quant à HSBC, le britannique avait annoncé dès le mois de janvier vouloir transférer un millier d'emplois de Londres à Paris, où il emploie déjà 9500 personnes.