Après l'organisation des JO et de la Coupe du Monde de rugby, Paris et la France n'arrêtent plus de gagner. La capitale a été choisie lundi pour accueillir l'Autorité bancaire européenne (EBA). Cette dernière va devoir quitter Londres d'ici mars 2019 et la mise en oeuvre effective du "Brexit".

A l'heure où la compétition fait rage entre les capitales européennes pour accueillir les établissements financiers également contraints par le Brexit à se relocaliser, ce choix constitue sans aucun doute un atout pour Paris. "C'est la reconnaissance de l'attractivité et de l'engagement européen de la France. Heureux et fier pour notre pays", a réagi Emmanuel Macron sur son compte Twitter. Les ministres européens des Affaires étrangères réunis hier à Bruxelles ont pourtant eu du mal à départager Paris et Dublin, les deux finalistes, si bien que c'est un tirage au sort qui a permis à la capitale française de l'emporter.

Moins en vue que la Banque centrale européenne ou même l'Autorité européenne des marchés (ESMA), chargée de la mise en oeuvre de la directive MIFID 2, l'EBA n'en est pas moins l'un des rouages essentiels du système financier européen. Cette institution "indépendante" de l'UE édicte des normes prudentielles contraignantes pour le secteur bancaire et veille à l'harmonisation de ces règles au niveau européen. "Si les autorités nationales de surveillance (et dans un futur proche, la Banque centrale européenne pour les pays participant au nouveau mécanisme de surveillance unique, pilier essentiel de ce que l'on appelle «l'union bancaire») restent responsables de la surveillance des établissements financiers déterminés, le rôle de l'ABE est d'améliorer le fonctionnement du marché intérieur en garantissant une surveillance et une règlementation appropriées, efficaces et harmonisées au niveau européen", précise l'institution sur son site.

Pas de triomphalisme

D'après Les Echos, l'EBA devrait s'installer dans le quartier de la Bourse, "près du régulateur des banques et des assurances" , plutôt qu'à la Défense comme il fut un temps envisagé. Quelque 150 personnes sont concernées par ce transfert. "L’Etat et les collectivités d’Ile-de-France sont pleinement mobilisés au travers du guichet unique « Choose Paris Region » pour aider l’ABE à être sans délai pleinement opérationnelle dans son nouveau siège et accompagner au cas par cas l’ensemble de son personnel", ont indiqué dans un communiqué commun le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, et la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau. "Cette transition sera d’autant plus facile que la richesse de la place financière parisienne garantira à l’ABE un accès facilité à un vivier de talents et à des acteurs majeurs de la banque et de la finance en Europe pour mener à bien ses activités : 145 000 personnes travaillent dans la banque ou la finance en Ile-de-France."

Le porte-parole du gouvernerment Christophe Castaner s'est montré un peu plus réservé : "je ne suis pas en train de vous dire cocorico... Ce qui compte pour moi ce sont les emplois qui vont se retrouver ici en France", a-t-il déclaré. Francfort, Dublin et Luxembourg n'ont en effet pas dit leur dernier mot dans la course aux emplois de la City.