Dix après la crise des subprime, les marchés financiers sont-ils à nouveau entrés en zone de danger ? Les grands investisseurs de la planète en semblent convaincus. D'après un sondage réalisé par Natixis Investment Managers auprès de 500 décideurs institutionnels du monde entier (fonds de pension privés ou publics,assureurs, fonds souverains, etc), "les investisseurs institutionnels s’inquiètent des conditions de marchés fragiles, de la distorsion des prix des actifs et des risques systémiques causés par les interventions des banques centrales et par la popularité croissante des investissements passifs". En 2018, ils se préparent à affronter "la possible formation – et explosion – de bulles spéculatives, ainsi que le relèvement des taux d'intérêt et le renforcement de la volatilité" selon Jean-François Baralon, Directeur Distribution de Natixis Investment Managers pour la France.

Pour une grande majorité d'entre eux, la longue période de très faibles taux d’intérêt a en effet conduit à la formation de bulles financières. Ainsi 61 % des investisseurs interrogés estiment que la hausse des taux d’intérêt sera la première source de préoccupation car elle pourrait être le déclencheur d’une correction des cours des obligations.

Par ailleurs, 78% s’attendent à un regain de volatilité sur les marchés actions en 2018, mais ils n'anticipent pas pour autant un véritable retournement baissier. Leur allocation d'actifs reste favorable aux actions compte tenu des perspectives favorables de croissance des résultats des entreprises. Mais ils sont également nombreux à se méfier (60%) de la corrélation entre les marchés actions et l'obligataire. D'où l'intérêt des investisseurs institutionnels pour les placements alternatifs comme le private equity la dette privée, l'immobilier et les infrastructures. En termes sectoriels, 45 % des institutionnels estiment que la technologie devrait surperformer les autres secteurs, suivie par la santé (44 %), la défense/aéronautique (43 %) et les financières (41 %).

«Gérer les risques baissiers sera une tâche ardue mais la nouvelle année doit également être vue comme source d’opportunités », ajoute Jean-François Baralon. Ainsi, pour 75 % des investisseurs institutionnels, l’environnement de marché actuel est favorable à la gestion active par opposition à la gestion indicielle qui ne fait qu'accentuer le risque de bulles.