« L’assurance-vie reste l’un des seuls placements en France qui permette de sécuriser son capital et le tout avec un rendement supérieur aux PEL, PEA et autre produits d’épargne liquides comme le Livret A », soutient Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne.

A fin janvier 2018, l’encours des contrats d’assurance-vie (provisions mathématiques + provisions pour participation aux bénéfices) s’élève à 1 685,5 milliards d’euros à fin janvier 2018, en progression de 3 % sur un an.






Reste que les récentes lois de finances et de financement de la Sécurité sociale qui sont entrées en application le 1er janvier ont modifié sa fiscalité. De plus, la succession de crises financières intervenues depuis 2008 ont poussé les taux et par effet de contagion les fonds euros - qui représentent toujours la majeure partie des sources de revenus de l’assurance - vie dans l’Hexagone-à atteindre un niveau de rendement particulièrement bas. 

De ce fait, le besoin impérieux de bien appréhender les tenants et les aboutissants de ce produit avant de se positionner est devenu plus palpable. Que ce soit au niveau du choix du contrat, de la durée d’investissement, de la composition, du mode de gestion ou de la fiscalité, toutes ces données sont à prendre en compte.

Deux grands types de contrats

Rappelons tout d’abord les bases. L’assurance-vie garantit le versement d’un capital ou d'une rente au bénéficiaire désigné dans le contrat. Ce dernier peut-être aussi bien être le conjoint de l’assuré que les enfants ou toute autre personne que vous aurez désignée.

En premier lieu, s’impose à l’épargnant le choix de son contrat. Deux grands types se distinguent : les contrats « monosupport » et les contrats « multisupports ». Les premiers investissent votre capital dans des fonds en euros composés en majorité d’obligations. L’avantage ? Ils ne présentent pas de risque de pertes car votre capital est garanti et ce quel que soit l’état de l’économie.





Mais le revers de la médaille est important. Les rendements de ces fonds sont corrélés aux taux en vigueur sur les marchés. Or ces derniers se situent à des points historiquement bas. « Il faut comprendre qu’avec des taux aussi faibles, il devient de plus en plus difficile de maintenir un rendement autour des 2% avec les fonds en euros », explique Nadège Dufossé, responsable de l’allocation d’actifs chez Candriam. Selon le site Good Value For Money, le rendement moyen des contrats d’assurance vie entièrement investis dans des fonds en euros devrait s’établir à 1,48% à fin 2017, une fois les frais de gestion déduis, une plus-value somme toute particulièrement modeste.

Pour de nombreux experts, cette situation n’a pas vocation à s’améliorer à court terme par la perspective d’une prochaine remontée des taux. «Les fonds euros sont des tankers pleins à craquer sauf qu’à la place du pétrole, ils sont remplis d’obligations d’états ou d’entreprises à maturité longue. Ceci induit une certaine inertie. La faiblesse des rendements procurés par ces instruments de dette souscrits n’est pas encline à être résorbée avant un moment», résume Philippe Crevel. Avant d’ajouter : « Même si les taux remontent, il y aura forcément un effet retard. Les fonds euros ne redeviendront pas compétitifs avant plusieurs années. »





Guillaume Leroy, agrégé de l’Institut des Actuaires qui officie chez Prim’Act partage entièrement cet avis. Ce dernier anticipe une remontée des taux suffisamment graduelle pour maintenir une rémunération «famélique».

Une montée en puissance des contrats multisupports

Ceci laisse donc l’option du contrat multisupports. Ils sont plus diversifiés car ils combinent un fonds en euros et d’autres Organismes de placement collectif en valeur mobilières souscrits en représentation d’« unités de comptes ». Ces unités de comptes permettent une exposition à des actifs variés qui peuvent être des actions, des obligations ou encore de l’immobilier. Les rendements de ces contrats multisupports sont supérieurs à ceux des contrats monosupport mais ils sont également plus risqués. Le capital n’est pas garanti et des pertes peuvent-être subies.

Selon les dernières statistiques avancées par le Cercle de l’Epargne, les unités de compte ont représenté plus de 30 % de la collecte brute de janvier 2018, (30,07 %) contre une moyenne de 27 % sur les mois précédents. Il y a eu en toute vraisemblance une amplification du mouvement de réallocation de l’épargne vers les unités de compte au détriment des fonds en euros. « Les souscripteurs ont progressivement pris conscience qu’une dose de risque devient nécessaire pour espérer obtenir à terme une performance satisfaisante sur leurs investissements en assurance vie », souligne Sylvie Petit, Directrice marketing de CNP Assurances.






Dans un contexte économique très volatil avec une récente chute des marchés, une prochaine remontée des taux aux Etats-Unis, un ralentissement de l’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne et une relative instabilité, le moment pourrait sembler mal choisi pour aller vers cette composante plus risquée de l’assurance-vie. Pourtant à en croire Nadège Dufossé, responsable de l’allocation d’actifs chez Candriam, il existe des moyens de se protéger. Pour cette dernière, en l’état actuel des marchés financiers, se diriger vers les actions, principalement les actions européennes fait sens. « La valorisation des actions européennes reste attractive. Les anticipations de rendement sont bien supérieures à celles escomptées sur les obligations européennes. De manière à faire face au régime de volatilité plus élevé et de limiter l’impact des phases de correction, nous faisons preuve de flexibilité et mettons en place des stratégies de couverture à l’aide d’options», ajoute-t-elle.

Selon Guillaume Leroy, des opportunités sont à saisir pour l’épargnant dans les périodes de turbulences analogues à celles vécues au début du mois de février. « Les bourses ont tellement performé ces dernières années que le risque d’assister à des retournements de tendance est désormais élevé. Acheter quand le marché corrige et prendre ses profits lorsque celui-ci remonte est la bonne stratégie à mener. » Un constat également dressé par Philippe Crevel « Le repli des valorisations crée des occasions d’acheter des titres intéressants à bas prix susceptibles de regagner de la hauteur et de permettre ainsi le dégagement de revenus non négligeables. »

Une diversification nécessaire des actifs

Un autre point essentiel à propos des contrats multisupports concerne la diversification des actifs. « Je suis convaincue que la clef du succès se trouve dans la diversification. Elle est plus pertinente que jamais. En ce sens, il y a lieu de ne pas miser sur une seule classe d’actifs car se faisant vous vous exposeriez à un seul risque », explique Nadège Dufossé.

Au-delà des OPC en actions et en obligations, une bonne manière de mette en œuvre cette diversification des actifs est de miser sur les SCPI (société civile en placement immobilier). Si certains frais d’entrée et de gestion peuvent paraitre conséquents, ces produits peuvent constituer des placements intéressants « à condition de les conserver longtemps et d’investir dans de grandes villes qui ont un marché porteur » admet Philippe Crevel.





La propension à prendre du risque et à le diversifier sera étroitement dépendante de l’horizon d’investissement défini en amont. « Si l’épargnant a une vision à court terme dans l’optique de mettre un peu d’argent de côté qu’il veut récupérer rapidement, aller vers les fonds euros serait une meilleure orientation », souligne Guillaume Leroy.

« En revanche si l’épargnant souhaite se forger un capital en vue de la retraite, la voie des unités de compte sera plus adaptée. » A cet horizon temporel, s’ajoutera une considération liée à la capacité financière. « Prendre des risques suppose d’accepter l’éventualité qu’une partie des fonds investis puisse être perdus. Or vous ne pouvez pas perdre de l’argent que vous n’avez pas », alerte Guillaume Leroy.

Une allocation à hauteur de 60% de fonds en euros et 40% d’unités de compte parait pertinente indique Philippe Crevel. Nadège Dufossé sera davantage favorable à une égalité de traitement entre les deux poches et donc à stratégie 50-50.

Une fiscalité en mouvement

La fiscalité avantageuse reste un pilier du succès de l’assurance-vie. Pendant plusieurs années, la totale exonération de droits de succession attirait les investisseurs. D’une manière progressive, on a assisté à une augmentation des taxes. Il n’en demeure pas moins que l’assurance-vie bénéficie toujours d’un régime attrayant. Les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale en vigueur depuis le 1er janvier 2018 ont modifié la fiscalité du placement. La hausse de la CSG et l’instauration d’une flat tax sont désormais à prendre en compte. « Depuis l’entrée en vigueur de la flat tax, l’assurance vie est devenue un placement comme les autres au regard de la fiscalité sur les produits (intérêts et plus-values) en cas de rachat sur un contrat de moins de 8 ans ; mais, après 8 ans, elle conserve l’avantage de l’abattement de 4.600 € ou 9.200 € mentionné plus haut », relève Sylvie Petit.

Vous l’aurez compris, l’assurance-vie reste une valeur sûre pour tout investisseur ; « un couteau suisse des placements financiers », qui permet de répondre à une diversité d’objectifs : constituer un capital pour se prémunir contre d’éventuels imprévus, préparer sa retraite, constituer un apport en vue d’une acquisition immobilière, financer les études de ses enfants, préparer la transmission de son patrimoine … », assure Sylvie Petit.

Une définition claire de ses objectifs, du niveau de risque que l’on est prêt à prendre et une connaissance de la fiscalité en vigueur sont nécessaires pour profiter pleinement de son investissement. Comme le souligne Philippe Crevel, « l’assurance-vie peut allier sécurité et rendement ». Il suffit d’être bien préparé.

 Fabien Buzzanca avec la participation d'Imen Hazgui 

Retrouvez l'interview de Sylvie Petit, Directrice marketing de CNP Assurances

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