Avec le recul, il est toujours très simple de comprendre les marchés financiers. Prenez ce cycle haussier démarré depuis 2009 sur les marchés actions : avec le recul, tout le monde peut expliquer que c’est l’action de la Réserve Fédérale, et plus largement des grandes Banques Centrales, qui a permis aux marchés financiers d’atteindre des records, principalement aux Etats-Unis. C’est pourquoi maintenant que celle-ci a commencé à diminuer la taille de son bilan, les prévisions se multiplient selon lesquelles les marchés actions entreraient dans une spirale négative aboutissant au troisième krach financier en moins de 20 ans.

Fort séduisante, cette explication semble principalement résulter du biais rétrospectif, cette capacité des êtres humains à construire des enchaînements logiques, dont tous les maillons se suivent dans une logique parfaite, mais uniquement a posteriori.
De plus, cette vision des choses peine à expliquer chaque étape des dernières années : par exemple, comment expliquer la chute continue des marchés entre novembre 2008 et mars 2009, alors même que la Réserve Fédérale Américaine avait commencé à augmenter la taille de son bilan via des achats d’actifs ? 
Plus intrigant, la troisième vague d’assouplissement quantitatif aux Etats-Unis (quantitative easing, ou QE) a pris fin le 29 octobre 2014, ce qui aurait logiquement dû mettre au moins un terme à la hausse des actifs risqués.