Ce fonds créé en 2007 et repris par Geoffroy Goenen en 2014 a pour ambition de tirer avantage au maximum de la hausse des marchés actions tout en limitant fortement l’impact de la baisse des marchés. La sélection des titres est faite à l’issue de deux étapes clés. La première étape s’appuie sur une approche fondamentale. En quoi-consiste-t-elle ?
Cette étape nous amène à partir d’un univers estimé de 600 valeurs à ne retenir que 100 valeurs. L’accent est mis sur de multiples critères, en premier lieu desquels la qualité du management.
Celle-ci est appréciée à travers la stabilité du top management, autrement dit des responsables des différentes divisions de la société qui donne un bon signal de sa bonne santé.

Nous faisons également attention à la manière dont la croissance organique est générée. Il est primordial que celle-ci soit structurellement robuste. Les entreprises sur lesquelles nous nous positionnons doivent être créatrices de valeur au-dessus du cout du capital pour générer du free cash-flow et faire face à leur endettement.

Nous évaluons comment les opérations de fusion-acquisition sont orchestrées. Nous nous efforçons d’identifier les avantages compétitifs existants.

La communication délivrée est un autre point sur lequel nous sommes vigilants. Les entreprises qui nous intéressent savent guider de manière conservatrice, ont un reporting très transparent et une comptabilité lisible et compréhensible.

Au-delà de ces critères purement financiers, les critères ESG sont-ils pleinement exploités dans le processus de sélection ?
Absolument. Nous nous appuyons sur l’expertise du département indépendant de Candriam qui nous aide à détecter les risques éventuels.

Une autre dimension particulièrement importante dans l’analyse des sociétés présélectionnées est leur positionnement dans l’innovation…

Nous sommes dans un monde qui évolue très rapidement, dans lequel les barrières à l’entrée sont de plus en plus faibles. Au-delà de la bonne appréhension des risques régulatoires, nous passons du temps à bien comprendre les innovations du moment.
Nous avons développé chez Candriam depuis plusieurs années une recherche dédiée à l’innovation qui nous aide à avoir un aperçu précis sur les atouts pérennes des entreprises dans ce domaine.

La seconde étape de sélection est basée sur la volatilité des titres. Que recouvre-t-elle ?

Tous les trois mois, l’équipe minimum variance quantitative de Candriam établit plusieurs scénarii de volatilité en fonction de différentes contraintes pour les titres préselectionnés. Ces scénarii nous conduisent à l’application d’un filtre supplémentaire qui nous amène à arrêter une liste de 60/70 valeurs de convictions pour composer le portefeuille.
Un soin particulier est apporté à l’impératif de diversification. Le poids d’une ligne ne doit pas excéder 3%.

A cette poche actions est ajouté une poche de dérivés afin de réduire la mise à mal du fonds en cas de correction des marchés…

Nous utilisons des protections classiques sur une maturité d’un an sur un indice large comme l’Eurostoxx 50. L’objectif recherché est la réduction d’un tiers du risque de baisse.

Ces dérivés sont utilisés avec le minimum de cout possible.

Pour amoindrir le cout de ces dérivés qui se situe présentement entre 100 et 200 bp, des calls sur des lignes individuelles du portefeuille sont émis avec un maximum de trois mois de maturité. Une prime est touchée là-dessus de manière opportuniste.
Le seul risque est un cout d’opportunité si dans les trois mois, l’action du portefeuille monte plus haut que le strike souvent mis à niveau 5% plus haut que l’objectif de cours. Cependant, ce risque est limité par le fait que l’action ayant monté, nous tirons avantage des profits générés.
Depuis avril, environ 25 calls ont été émis. 80 bp de prime ont été touchés. Pour 3 entreprises, le cours de bourse est allé au-delà du strike. Cela a couté 24 bp.

De quelle manière a fonctionné cette protection ?

Nous avons eu quatre baisses significatives cette année. Trois baisses ont atteint 4% et une baisse en octobre s’est élevée à 8%.
Nous avons été en capacité de réduire l’impact des trois premières baisses entre 45 et 70%.
Nous avons en revanche pu limiter la quatrième baisse que de 15%.

Comment l’expliquez-vous ?

Il y a eu une rotation qui a fait souffrir les valeurs de qualité.
Cette déconvenue nous a poussé à procéder à une évolution dans notre process d’investissement.

Que voulez-vous dire ?

La prochaine fois que nous constaterons une exagération, nous remplacerons la protection sans style par une protection sur l’indice MSCI croissance.
Cette exagération sera perceptible grâce à un modèle développé depuis plusieurs années avec l’équipe engineering de Candriam qui traque les styles dans les marchés et qui donne des signaux sur les surchauffes de style.

Le fonds est-il entièrement investi ?

Absolument.

Quels biais présente-t-il ?

Les biais sont surtout des absences de secteurs.
Au sein du secteur alimentaire, Nous avons une vue négative sur la distribution où il y a peu d’avantages compétitifs et peu de création de valeur. Nous évitons des entreprises comme Carrefour ou Tesco.
En outre, nous ne sommes pas positionnés sur les télécoms.
Ces absences ont été créatrices de beaucoup d’alphas.

En est-il de même des financières ?

Nous sommes revenus sur certaines banques devenues rentables et présentant des bilans solides, devenues moins volatiles.

Quel résultat votre process a-t-il donné en ce qui concerne la volatilité ?

Nous sommes parvenus à réduire la volatilité de 10% supplémentaire, dans un environnement de volatilité très basse.