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Les répercussions de la restructuration de Dubai World sur les institutions de finance islamique

Les répercussions de la restructuration de Dubai World sur les institutions de finance islamique

(Easybourse.com) Quelles devraient être les répercussions de la restructuration de Dubai World sur les institutions de finance islamique dans les Emirats Arabes Unis ?

Anouar Hassoune, vice président, analyste crédit en charge de la coordination internationale pour la finance islamique au sein de Moody’s -qui couvre quatre établissements de finance islamique dans le pays- a accepté de nous donner son point de vue.

Les banques islamiques qui s’en sortiront le mieux

Abu Dhabi Islamic Bank a commencé à croître ces trois dernières années après s’être intéressé de plus près au segment du retail, source de revenus stable et bon marché, qui permet d’organiser la granularité des portefeuilles de crédits, une diversification par contreparties, qui est en plein boom en raison de la démographie et du fait qu’une large part de la population d’Abou Dhabi est constituée de fonctionnaires avec une probabilité de défaut très faible. Contrôlé par la famille royale, l’établissement dispose de fonds propres solides. Le capital a été employé pour acquérir une banque en Egypte en se donnant trois ans pour la convertir en banque islamique. Ce focus sur l’expansion internationale a conduit cette institution à ne pas s’intéresser aux entreprises de Dubaï.

Dubai Bank, la plus petite des banques islamiques domestiques, était quasiment en état de gel pendant plusieurs années jusqu’à ce que le gouvernement de Dubaï par le biais de Dubaï Holding décide de la convertir en banque islamique, avec deux axes stratégiques majeurs : servir le marché retail à Dubaï, et servir de relais de financement pour les entreprises du groupe Dubai Holding, qui se concentre essentiellement sur les actifs financiers.
L’exposition directe de Dubai Bank à Dubai World est très limitée. Cependant en raison de la détérioration des fondamentaux économiques dans les pays, Dubai Bank pourrait connaïtre une année 2010 difficile, avec un gel de sa croissance organique. La forte croissance de ces trois dernières années est désormais inenvisageable à l’avenir.

Les deux institutions au cœur de la tourmente

Ce sont Dubai Islamic bank et Tamweel.

Dubai Islamic Bank est très exposée à Dubai World et à ses différentes filiales, y compris Nakheel. La société connaissait déjà des problèmes de fraude, de gouvernance, de gestion, de positionnement stratégique, et de qualité des actifs, notamment sur une autre exposition de grande envergure qui a fait défaut en 2008. Le rating a été mis sous surveillance, avec une perspective négative. Cette tendance baissière est désormais confirmée.

Tamweel est une institution financière non bancaire qui propose essentiellement des crédits hypothécaires. L’établissement ne dispose que de 4 à 5% de ses actifs sous formes liquides. Les créances hypothécaires constituent plus de 90% de son portefeuille. Par conséquent, l’exposition directe de Tamweel à Dubai World et à ses entités est nulle.

Toutefois, sans le soutien de l’Etat, Tamweel aurait déjà fait défaut, sans doute l’année dernière. C’est une structure par définition extrêmement sensible à la confiance et à la liquidité. Une deuxième vague de défiance à Dubaï conduirait à une deuxième vague d’illiquidité. La probabilité d’une réévaluation de la notation se réduit comme peau de chagrin. La tendance sur les ratings de Tamweel est aujourd’hui plus explicitement baissière.

Imen Hazgui


Publié le 06 Décembre 2009

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