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Le cas Dubaï World ne jette pas l’opprobre sur l’ensemble des pays émergents

Le cas Dubaï World ne jette pas l’opprobre sur l’ensemble des pays émergents

(Easybourse.com) Le cas Dubaï World est un non évènement pour l’économie mondiale, et ne jette pas l’opprobre sur l’ensemble des pays émergents. C’est ce qu’a taché de nous livrer Vincent Juvyns, stratégiste au sein de la société de gestion ING Investment Management.

«Les investisseurs ont réagi à chaud provoquant une baisse des principales places boursières de 3% en moyenne. Mais la lucidité est revenue et nous ne devrions pas voir un rejet en bloc de l’ensemble des pays émergents.
Je n’ai pas de doute sur le fait que les investisseurs sauront séparer le bon grain de l’ivraie
» nous a déclaré Vincent Juvyns.

Il est indéniable qu’aujourd’hui tous les pays émergents ne sont pas logés à la même enseigne. Des pays émergents présentent des modes de développement plus pérennes que d’autres. Des disparités importantes sont observables notamment eu égard à la politique budgétaire, d’endettement public, de poids de certains secteurs dans l’économie du pays. Certains pays émergents affichent un dynamisme tourné sur leur consommation intérieure, des éléments beaucoup plus sains à long terme.

Par conséquent, ce qui se passe à Dubai  devrait avoir moins d’impact sur la région que la crise globale que nous traversions encore au milieu de cette année. Et si nous avons vu des primes sur CDS, credit default swap, sur la région augmenter cela n’a pas atteint des niveaux aussi forts que pendant la crise.

De ce fait, aucun changement de positionnement n’est prévu dans la stratégie d’investissement de la société. «Nous demeurons surpondérés en actions et surpondérés sur les marchés émergents en nous attardant sur les bilans, sur le niveau de dette de l’entreprise rapporté à la valeur de l’entreprise ou au PIB du pays, en vérifiant que le déficit publié n’est pas un déficit chronique et que les mesures sont prises pour revenir à l’équilibre dans un délai acceptable» indique Vincent Juvyns.

Une goutte d’eau

Nous pouvons nous poser la question de l’implication des banques européennes, notamment des banques anglaises…

Il y a peu de visibilité à ce jour. Selon certains analystes, les banques européennes pourraient voir leurs provisions pour créances douteuses augmenter de 5% en 2010, soit un impact total de 5 milliards d'euros après impôts, si 50% de leur exposition à Dubaï se soldait par des pertes. Mais parler d’estimation à ce stade est très hasardeux.

«5 milliards d’euros après impôt. Considérant le nombre de banques concernées, parmi lesquelles HSBC, Standard Chartered, RBS… cela est négligeable.

Selon Moody’s, l’endettement mondial des agents économiques  45-50 000 milliards de dollars cette année. On parle pour Dubai d’un endettement de 80 milliards» conclut le stratégiste d'ING IM.


Publié le 03 Décembre 2009

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