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Le métier évolue sous la pression des pouvoirs publics

Le métier évolue sous la pression des pouvoirs publics

(Easybourse.com) Les analystes doivent désormais composer avec des réglements de plus en plus présents et un rythme de travail beaucoup plus stressant. Cap vers plus de transparence...

Depuis les scandales Enron et WorldCom, pour ne citer que les plus connus, la justice et le marché exigent plus de transparence de la part des entreprises. De nouvelles exigences qui ont contraint les analystes financiers à modifier leur façon de travailler.Considérés il y a encore cinq ans comme les stars du marché, à la fois surmédiatisés et rémunérés en conséquence, les analystes financiers sont aujourd’hui sur la sellette, comme si les filouteries de quelques uns avaient entachés les agissements de toute la profession.

Si certains ont quitté le métier - les salaires ayant fondu et le taux de chômage s’étant accru - et que d’autres ont fait les frais de la consolidation du secteur du courtage, la pression sur ceux qui restent est plus forte. Elle est d’abord réglementaire. Aux Etats-Unis, dans les établissements signataires du Settlement Act - mesure d’application de la loi Sarbanes-Oxley – parmi lesquels Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley ou Citigroup, tout contact entre analystes financiers et banquiers est prohibé, les rétrocessions de commissions sont proscrites, les échanges d’emails interdits. Et les rares collaborations sont systématiquement chaperonnées par un membre du service déontologie.

Pression court-termiste

Pour toujours plus de transparence, les analystes ont également vu leur rythme de travail repensé, les analyses de long terme ayant cédé le pas à l'incontournable pression du court terme, suite à l’obligation faite aux sociétés cotées de publier leurs comptes trimestriels. Il y a fort à parier qu’avec l’introduction des normes comptables IFRS, d’autres réaménagements seront mis à l’étude.

Les professionnels subissent également des pressions de la part de leurs employeurs. Ces derniers, des courtiers pour l’essentiel, se rémunèrent en prélevant une commission sur les volumes de transaction traités. Conséquence : seules les entreprises à forte capitalisation et dont les actions s’échangent aisément en Bourse les intéressent.


Si les analystes financiers, salariés des sociétés de Bourse, ne couvrent que les valeurs générant un volume de courtage important, le champ des autres valeurs est laissé libre aux cabinets indépendants. « En France, l’analyse financière est concentrée chez une trentaine d’intermédiaires financiers ou dans les sociétés de gestion les plus importantes. Seules subsistent quelques structures d’analystes indépendants spécialisés principalement dans les valeurs moyennes », note l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans un rapport intitulé « Pour un nouvel essor de l’analyse financière indépendante sur le marché français » (2005). Et d’émettre des propositions quant aux moyens de promouvoir le métier et d’assurer la viabilité de son système de financement à long terme. Parmi ses recommandations figurent la création d’un « label » d’analyste indépendant, la mise en place d’un système mutualisé de financement par les sociétés cotées, petites ou moyennes, sur la base d’un volontariat et l’obligation pour les entreprises cotée d’avoir recours à des analyses indépendantes à l’occasion d’une introduction en Bourse ou d’une augmentation de capital.

Les PME, un bon filon

Notons toutefois que, parmi cette faible population de cabinets indépendants, certains savent se distinguer par la qualité de leurs analyses, à l’image d’Oddo Securities. Classé troisième au Top 10 du palmarès 2005 de l’analyse financière publié par l’Agefi, le cabinet se hisse même à la première place pour ce qui concerne les bureaux small et midcaps.

Autre sentier exploré par l’AMF pour développer l’analyse financière indépendante : la mise en place d’une « commission de courtage à facturation partagée » qui consisterait pour le courtier à distinguer sur la facture qu’il envoie aux investisseurs, le coût de l’exécution des ordres du coût de la recherche financière. Un découplage qui permettrait de « redonner une valeur marchande à l’analyse financière ». Les investisseurs pourraient ainsi demander à leur courtier de reverser les montants correspondant à l’analyse financière à des maisons de recherche indépendantes. Pour l’heure, Londres et New York sont les seules places financière à tenter l’expérience.
lucile

Publié le 28 Juin 2006

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