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Quelles valeurs privilégier dans le secteur bancaire ?

Quelles valeurs privilégier dans le secteur bancaire ?

(Easybourse.com) C'est un fait, le secteur bancaire a redoré son blason. Depuis son plus bas en mars 2009, les performances du secteur ont été multipliées par 2,5 alors que le marché faisait +72%. 

Le rallye sur les actions et le fort rebond sur le marché des obligations corporate ainsi que le maintien de la courbe des taux à un niveau attractif ont permis aux  principaux groupes financiers de se refaire une santé.  Un retour à la normale est observé sur le plan financier et technique. La position est donc meilleure, nul ne peut le contester.

Mais l’évolution des nouvelles règlementations sur les capitaux propres,  ainsi que l'environnement macroéconomique créent quelques incertitudes. «Si les Etats-Unis devraient être rapidement dans une phase de création nette d’emplois,  nous sommes en Europe, toujours dans un schéma de destruction d’emplois dont on ne voit pas la sortie» met en garde Skander Bentchikou, analyste banque au sein de la société Oddo & Cie.

[EXERGUE]
Par ailleurs, des mesures d’austérité très pénalisantes sont attendues dans les pays les plus fortement impactés par la crise (augmentation des impôts, réduction des effectifs dans le secteur public…). «Ces mesures auront très probablement un impact négatif sur les banques au niveau de la croissance des revenus et sur la ligne des provisions».
La prudence est donc de rigueur. Les choses vont mieux, mais elles peuvent se détériorer très vite. «Le cumul de ces contraintes en cas de réalisation pourrait détruire une grande partie de l’upside et de l’attrait du secteur» avertit Skander Bentchikou.

Fin 2009, le FMI avait évoqué des pertes totales dans le secteur bancaire au niveau mondial à hauteur de 2700 milliards de dollars. A ce jour, 1300 milliards  de dollars de pertes ont été reportées par les banques depuis le début de la crise financière en 2007. Il resterait donc à perdre encore 1400 milliards de dollars. Ces données devraient certes être révisées à la baisse dans le cadre du rapport sur la stabilité financière doit paraitre le 23 avril prochain. Cependant, Alain Bokobza, responsable de l’allocation d’actifs globale au sein de la Société Générale table tout de même sur un chiffre de 2300 milliards de dollars de pertes.

Une vue très discriminante

«Des raisonnements en termes de PE sont difficiles à mener. Il  y a une importante disparité des résultats qui rend les moyennes non pertinentes. Des banques seront encore en perte alors que d’autres banques  retrouveront des niveaux de résultats satisfaisants» signale Lucy Bonmartel, gérante au sein d’AXA IM.

De ce fait, la vue des marchés est très discriminante. Entre le 31 décembre 2009 et le 12 avril 2010, au sein de l’Eurostoxx 50, la troisième plus importante performance est Deutsch Bank +18%. ING affiche un rebond de +10% et dans les plus mauvaises performances Socéité Générale fait -5%, Banco Santander -7,45%, Intesa San Paolo -11,35% et BBVA -12,14%. «Nous sommes entrés dans un marché plus calme qui fait plus le tri. Il y a une certaine rationalité derrière tout cela», précise Yves Maillot. 

Il faudra donc se montrer très sélectif sur ce secteur. «Certaines banques ont gagné des parts de marché pendant la crise et d’autres non. En période de crise, ces gains ne se voient pas car justement, il n'y a plus vraiment de marché. Mais lorsque le marché revient, que les activités redémarrent en ligne avec la remontée des PIB, cela devient très visible» explique Skander Bentchikou.

La thématique des banques d’investissement semble très intéressante à jouer. Les messages positifs se sont  multipliés de la part des dirigeants des différents établissements.
Les résultats publiés mercredi soir par JPMorgan confirment ces bonnes tendances.
 «Les banques d’investissements bénéficient de tendances favorables tant conjoncturelles et structurelles : émissions obligataires, amélioration des volumes, retour d’activités corporate,  plus grande discipline dans l’approche rendement/risque…) Ce sont autant d’éléments qui favorisent les banques d’investissement et qui expliquent leurs bonnes performances depuis le début de l’année» développe Lucy Bonmartel.

Parmi les principaux paris des analystes et gérants, nous trouvons Deutsch Bank, Crédit, BNP, et Barclays. «Deutsche Bank est la plus importante valeur dans mon portefeuille. Si le titre peut faire l’objet de prises de profits après sa solide performance, je reste très positive sur le long terme. L’éventuel rapprochement avec Deutsche PostBank et la levée de capitaux qu’elle pourrait entrainer est un autre risque. Mais cela lui donnera accès à une robuste masse de dépôts, qui  permettra de rééquilibrer le profil de la société» commente l’experte d’AXA IM .

En revanche, les valeurs décriées semblent être Dexia  dont le modèle est remis en cause, Commerzbank qui subit un choc structurel et affiche des résultats très décevants par rapport à ses activités core comme les PME. Une prudence est également exprimée envers Unicredito.

Imen Hazgui


Publié le 15 Avril 2010

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