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Des regards à présent tournés vers la règlementation

Des regards à présent tournés vers la règlementation

(Easybourse.com) Les stress tests constituent une pierre à l'édifice, mais ne sont pas suffisants pour un retour à la normale…

Face à des emprunts souverains (notamment de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne) qui se sont retrouvés avec des primes de risque exorbitantes, face à une mauvaise coordination de l'Europe, le marché avait besoin à un moment où tous les repères étaient défaillants, que le CEBS (Committee of European Banking Supervisors), ainsi que la Banque centrale européenne mettent leur parole en jeu pour rassurer les investisseurs.

Mais voilà ! «Nous sommes entrés dans une période de rerégulation qui se veut relativement longue, 15 à 20 ans. Et nous ne vivons actuellement que les prémices de cette période» déclare Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit au sein de Edmond de Rothschild Investment Managers.

De fortes incertitudes

Ceci étant, nous n'aurons pas de visibilité concernant les changements réglementaires avant octobre-novembre et le prochain G20 en Corée du Sud.
Les espoirs de voir le processus aboutir sont grands. «Au fur et à mesure du temps, la capacité des banques à pouvoir influencer de par leur puissance s'amenuise, car elles prêtent très peu et que nous sommes en train de vivre une forte désintermédiation. Le financement se fait essentiellement via deux canaux, la banque centrale et le marché primaire du crédit corporate» développe Etienne Gorgeon.

L'expert ajoute : «pour le moment, elles sont à même d'effrayer dans leur communication beaucoup d'analystes, car elles représenten encore une part extrêmement importante dans les profits totaux qui sont comptabilisés au niveau des PIB, mais la régulation avance à petit pas et ne freine pas. Elles sont en train de gagner quelques pauvres batailles dans une guerre dont on connait l'issue».

La réussite aux stress tests peut être perçue d'une certaine manière comme bienvenue en démentant le fait que les banques européennes pourraient avoir du mal à appliquer une réglementation financière plus stricte. Mais de l'avis de Marie-Pierre Peillon, directrice de l'analyse financière et extra-financière chez Groupama Asset Management il n'en est pas tout à fait ainsi. «La question que j'ai pu me poser est davantage celle de savoir si le régulateur européen en fixant un seuil tier 1 à 6% n'avait pas voulu faire pression sur le Comité de Bâle, signalant qu'un seuil plus élevé pourrait s'avérer problématique pour de multiples établissements, plus d'un tiers des 91 banques analysées».

Des opportunités d'investissement cependant

De nombreuses incertitudes pèsent encore sur l'orientation que prendront les réformes réglementaires. Ainsi l'accalmie devrait être de très courte durée. Et de nouvelles pressions sont attendues dès la rentrée.

Néanmoins, malgré ces contraintes réglementaires, pour Marc Renaud, président de Mandarine Gestion, le secteur bancaire européen est tellement peu valorisé par rapport au secteur américain ou au secteur asiatique-Crédit Agricole se traite à 0,5 fois les fonds propres, la Société Générale se traite à 0,6 fois les fonds propres-que l'investissement vaut vraiment la peine.

«Et Ce n'est pas la peine de miser sur des valeurs risquées pour gagner de l'argent dans le secteur aujourd'hui. Il suffit de se concentrer sur les plus belles valeurs. Lorsque l'on voit que des établissements comme Unicredit en Italie, BNP en France, Santander en Espagne, Deutsche Bank en Allemagne ne valent rien, ce n'est pas la peine d'aller acheter de l'Irish Bank ou du Natixis, des établissements plus affectés et plus contestés pour escompter des gains importants. Ce serait prendre des risques non fondés».

Imen Hazgui

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Publié le 27 Juillet 2010

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