Espace Financières - News, articles, interviews et dossiers

Pas sûr que 2011 soit un bon millésime pour les actions

Pas sûr que 2011 soit un bon millésime pour les actions

(Easybourse.com) L'année 2011 marquera-t-elle la renaissance des actions ? Assistera-t-on comme le prédisent certains à un bon millésime ? C'est ce que semblent penser une grande partie des experts interrogés. Globalement une croissance à deux chiffres est attendue. Le Cac 40 pourrait se retrouver autour de 4200 points en décembre 2011. Le S&P pourrait augmenter d'environ 25% par rapport à son niveau actuel. Le Stoxx 600 pourrait progresser de 14%. Cependant les incertitudes et les risques sont importants.

«Sur le papier tout est réuni d’un point de vue académique, mathématique, pour avoir une très bonne année 2011 sur le marché actions. Mais nous avons toujours une option. Et ce qui va déterminer si cette option sera exercée ou pas c’est la dimension psychologique» déclare d’entrée de jeu Frédéric Buzaré gérant actions au sein de Dexia Asset Management.

Les fondamentaux sont bons

La progression des bourses a été ridicule au regard des bénéfices. C’est l’argument phare qui milite pour un effet de rattrapage l’année prochaine. En Europe et aux Etats-Unis les bénéfices en 2010 ont augmenté d’une quarantaine de pourcentage.
Les profits représentent 6,6% de la capitalisation européenne contre 5,8% en moyenne depuis 1997. Parallèlement le Cac 40 est en baisse de 1,62% depuis le 1er janvier. L’Eurostoxx 50 affiche un recul de 4,55%.

Les perspectives de croissance pour 2011 sont élevées. Le consensus table sur une croissance des profits de 15-16% sur le marché américain et européen. «Nous prévoyons une croissance bénéficiaire de l’ordre de 10 à 15% pour les marchés développés et d’une vingtaine de pourcentages pour les marchés émergents» avance Patrick Moonen, stratégiste senior au sein de la société ING Investment Management.
Un autre moteur de performance des marchés actions réside dans le niveau des valorisations. Le marché est peu cher. En Europe, le multiple cours sur bénéfices se situe autour de 12, en dessous de sa moyenne historique. «En absolu, le ratio cours/bénéfices des actions américaines est inférieur à la moyenne de ces 40 dernières années» remarque Patrick Moonen.

Qui plus est, les entreprises affichent de très forts bilans. «Il n’y a pas eu autant de cash dans les entreprises depuis dix à douze ans» signale Bernard Aybran, directeur général délégué, responsable de la multigestion au sein d'Invesco. Les sociétés européennes ont environ 650 milliards d’euros dans leurs bilans. Les sociétés américaines ont quant à elles environ 1000 milliards de dollars de cash disponible.
Ce trésor de guerre met en avant un autre élément en faveur d’un rallye des actions l’année prochaine : la dépense de cet argent disponible par le biais de l’augmentation des dividendes, le rachat des actions, les opérations de fusions-acquisitions.
«Le rendement des dividendes en Europe est aux alentours de 3,1% alors que le rendement du bund allemand est inférieur à 3%. Nous pensons que certains dividendes pourraient connaitre une croissance dépassant les 10% principalement par un effet de rattrapage» assure Patrick Moonen. Ce dernier ajoute «nous sommes qu’au début d’un nouveau cycle haussier en termes de M&A. Aujourd’hui près de 70% de ces opérations sont payées en cash alors qu’il y a dix ans ces opérations étaient principalement financées par un échange de titres».

Un phénomène de réallocation


Au-delà des fondamentaux, c’est surtout l’abondance de liquidités dans le système qui milite pour une poussée de fièvre sur le marché actions. «Il y a beaucoup de liquidités disponibles. Et il faut bien que cet argent se place quelque part. Par ailleurs, cela fait trois ans que les investisseurs font preuve de prudence. De plus en plus de gens ont vu leur pouvoir d’achat nettement diminuer et/ou sont confrontés à une montée des pressions inflationnistes. Il y a de la recherche de rendements» observe Andreas Höfert, chef économiste au sein d'UBS.
Dans la mesure où ces investisseurs cherchent des revenus et que ces derniers ne sont plus disponibles dans les autres classes d’actifs, nous devrions voir une réorientation vers les actions. «Le différentiel entre le rendement des bénéfices et les taux obligataires réels est à son plus haut niveau depuis 1980» constate Patrick Moonen.

C’est pourquoi les fonds actions internationales enregistrent des flux hebdomadaires record. Mais jusqu’à quand ?

Imen Hazgui

Publié le 16 Décembre 2010

OK, tout accepter
Fermer