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Les risques géopolitiques à appréhender sur les marchés financiers

Les risques géopolitiques à appréhender sur les marchés financiers

(Easybourse.com) Investir sur les marchés financiers suppose la prise en compte de risques macroéconomiques, microéconomiques et géopolitiques. Fin décembre, était organisé la première rencontre entre l'Institut Français des Relations internationales et le Parlement (Sénat et Assemblée générale). D'importantes personnalités (notamment, Josselin de Rohan, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, Axel Poniatowski, président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale, Thierry de Montbrial, directeur général de l'Ifri, membre de l'Institut de France) étaient alors réunies pour dresser le bilan de l'état du monde à la fin de l'année 2010.

Un bilan quelque peu pessimiste

«Nous sommes passés d’un monde bipolaire certes tendu mais prévisible et stable à un monde multipolaire imprévisible et instable, et à beaucoup d’égard très dangereux», déclare d’entrée de jeu Axel Poniatowski.

Les menaces se précisent et se rapprochent un peu plus tous les jours.

Les menaces se précisent et se rapprochent un peu plus tous les jours. Les risques de prolifération nucléaire sont loin d’être négligeables et la lutte contre le terrorisme loin d’être gagnée. «Al Qaida, canal historique semble plus ou moins contenu mais Al Qaida est franchisé. L’une de ses succursales les plus nocives se situe en Afrique occidentale. Le Yémen est devenu un foyer très actif. Un certain nombre de cellules dormantes ont été réactivées et projettent des attentats en Europe et aux Etats-Unis. Un axe qui va du Dakar à la cote somalienne commence à être très préoccupant car infiltré par des mouvements fondamentalistes», précise Josselin de Rohan.

De nombreux Etats sont fragilisés par leur sous développement, leur démographie, leurs tensions internes, la multiplication de pratiques frauduleuses (trafic de drogue en Amérique latine, en Afrique notamment).
«Pour certains experts ce trafic représente dans ce dernier continent un danger encore plus grand que l’islamisme radical», commente Axel Poniatowski.

Les récents incidents en Corée nous rappellent que la guerre froide n’est
pas totalement terminée.

«Si ces questions ne sont pas nouvelles, ce qui est nouveau c’est que nous

Si ces questions ne sont pas nouvelles, ce qui est nouveau c’est que nous
sommes désormais sans beaucoup d’illusions


sommes désormais sans beaucoup d’illusions», admet alors Axel Poniatowski.
«Après la chute du mur de Berlin les européens ont pu nourrir l’espoir que
la communauté internationale parviendrait à traiter le cas des Etats voyous et des Etats faillis. La paix paraissait accessible au Proche Orient, la croissance repartait de plus belle un peu partout. Un nouvel ordre international dominé par les démocraties occidentales semblait à portée de main. Cet espoir est évanoui», poursuit le président de la commission des affaires étrangères.

L’Europe et les Etats-Unis sont fragilisés. Les pays émergents sont dans une
forme économique éblouissante. Ces pays peuvent contribuer à régler des
problèmes ou à apaiser des tensions que les vieux pays ne peuvent plus gérer
seuls, par exemple au sommet de Cancun. Mais leur irruption sur la scène
internationale peut aussi compliquer le jeu. «L’initiative turco brésilienne
sur le sujet iranien a compliqué l’action diplomatique en cours par la
communauté internationale
».

Alors que les publications de Wikileaks confirment la transparence de la
politique étrangère des Etats occidentaux, les chancelleries et les experts
occidentaux s’interrogent à propos de la politique étrangère de certains de
ces pays émergents.
«Ils se demandent si la Turquie n’est pas en train de réviser ses choix
politiques traditionnels et si ces changements sont une conséquence de
l’enlisement des négociations d’adhésion ou s’ils ont pour origine une
évolution de la société turque et la tentation de ses élites
».
Des interrogations similaires sont soulevées à propos des intentions de la
Chine, de l’Inde, du Brésil.

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Imen Hazgui

Publié le 07 Janvier 2011

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