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Grèce : les banques mises à contribution

Grèce : les banques mises à contribution

(Easybourse.com) Chose inédite dans l'histoire de l'Union européenne, des créanciers privés (banques, assurances) vont devoir se porter au secours d'un Etat (la Grèce). Un plan dit de « rollover » sur la dette grecque a été dévoilé fin juillet. Mais qu'entend-on par là exactement ? Pourquoi les banques ont-elles accepté d'y participer ? Explications.

En quoi consiste un « rollover » ?
Le rollover désigne le fait pour un créancier d’échanger ses titres de dette contre de nouveaux titres à échéance plus longue. Il offre ainsi au débiteur plus de temps pour rembourser. Dans le cas de la Grèce, les nouveaux titres ont une maturité de 30 ans et sont garantis, au moins en partie, par le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Dans le détail, les banques et assurances peuvent choisir entre quatre modes de rééchelonnement :

- Echanger le papier grec en leur possession contre des titres à 30 ans possédant la
même valeur faciale

- Attendre l’échéance des titres en leur possession pour ensuite les échanger contre des titres à 30 ans possédant la même valeur faciale

- Echanger les titres en leur possession à 80% de leur valeur faciale, contre des titres à 30 ans

- Echanger les titres en leur possession à 80% de leur valeur faciale, contre des titres à 15 ans

Ces différentes options ont été élaborées par l’Institute of international finance (IIF, sorte de lobby bancaire mondial) afin de convaincre un maximum de créanciers de participer au plan de sauvetage de la Grèce. Soit ils acceptent une décote immédiate de leurs titres (de 20%), soit ils décident de garder leur valeur faciale tout en rallongeant le délai de remboursement.

Qui participe à ce plan ?
Basée sur le volontariat, la participation des créanciers privés au sauvetage de la Grèce est pour le moment limitée. L’Institute of international finance a publié mercredi 3 août une liste de 30 établissements ayant répondu positivement à l’appel des gouvernements européens. Parmi eux, les banques françaises BNP Paribas, Société générale ainsi que les assureurs Axa et CNP Assurances. Crédit Agricole n’est pas sur la liste, bien qu’il ait été le premier à dévoiler l’impact sur ses comptes du plan de sauvetage de la Grèce (environ 150 millions d’euros) ce qui sous-entend sa participation au plan. A l’étranger, des poids lourds comme Deutsche Bank, Santander et HSBC ont confirmé leur engagement. Mais on est encore loin du taux de participation de 90% des créanciers de la Grèce visé par l’IIF.

A combien se monte le plan ?
D’après les calculs de l’IIF, le plan de rollover apportera à Athènes un financement de 54 milliards d'euros d’ici 2014 et un total de 135 milliards d'euros d’ici 2020, en complément des 110 milliards d’euros promis par l’Union européenne et le FMI d’ici 2014. Cette aide doit permettre au pays de redresser ses finances publiques et de retrouver le chemin de la croissance. A cette date, «le profil de la Grèce en tant qu'emprunteur sera considérablement amélioré avec le programme d'échange et de réinvestissement en allongeant les maturités des obligations détenus par le privé de 6 à 11 ans en moyenne», assure l'IIF.

Quel sera l’impact sur les résultats des banques ?

L’impact du sauvetage de la Grèce devrait être limité pour les banques. Celles-ci ont déjà appliqué une décote de 21% sur leurs titres grecs censée couvrir les pertes attendues lors de l’échange de titres. «Ce chiffre de 21% est assez conservatoire, il correspond à l’évaluation faite de la valeur moyenne des nouvelles créances dans le futur, et ce toutes choses égales par ailleurs», a expliqué Antoine Lissowski, le directeur financier de CNP Assurances, lors de la présentation des comptes semestriels du groupe. Compte tenu de la décote infligée actuellement par les marchés à la dette grecque (environ 50% de la valeur faciale), l’opération semble plutôt positive pour les participants. Pour les banques et assureurs français, le rollover devrait se solder par une perte de 3 milliards d’euros sur une exposition totale de 15 milliards d’euros.

François Schott

Publié le 05 Août 2011

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