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Acheter de l'or : un pari sur la crise

Acheter de l'or : un pari sur la crise

(Easybourse.com) En forte hausse depuis le début de l'année, l'or est l'un des rares placements profitables en cette période troublée sur les marchés financiers. Plus que jamais, le métal jaune fait office de valeur refuge pour les investisseurs institutionnels et particuliers. Mais attention à ne pas se brûler les ailes.

De 1500 dollars à 1900 dollars l’once en moins d’un mois : aussi vertigineuse que la chute des marchés actions, la hausse de l’or a connu un coup d’arrêt ce mercredi, avec un repli sous les 1800 dollars. Mais cette baisse pourrait n’être que très temporaire. En effet, depuis le début de l’été, les bureaux de change connaissent une vague inhabituelle d'achats de pièces d'or et de lingots. CPoR devises, premier intervenant sur le marché physique de l'or en France, constate une augmentation de 50% du volume de transactions, avec une tendance «nette acheteuse». La demande se porte sur tous les produits : Napoléon, lingots et "lingotins" qui offrent un intermédiaire entre les pièces et le lingot d'un kilogramme dont le cours a franchi la barre des 40 000 euros.

Il est raisonnable d'avoir de l'or aujourd'hui



Les produits financiers indexés sur l’or connaissent également un engouement sans précédent. Ainsi un fonds or géré par State Street Global Advisors, l’ETF « SPDR Gold Shares », est devenu mardi 22 août le plus gros tracker au monde, supplantant celui indexé sur l’indice S&P 500, avec un encours de 77,5 milliards de dollars.

Les banques centrales redeviennent « nettes acheteuses »

Avec les incertitudes sur l’avenir de la zone euro, les menaces inflationnistes dans les pays émergents et les craintes d’une rechute de l’économie mondiale, le métal précieux retrouve son statut de valeur refuge : «L’or est une réserve de valeur. Les quantités disponibles sont finies, et on ne peut pas en imprimer. C’est pourquoi il attire les investisseurs qui veulent se prémunir contre la baisse des valeurs mobilières», explique Benjamin Louvet, directeur général délégué de Prim’Finance, une société de gestion spécialisée dans les matières premières.

«Il est raisonnable d’avoir de l’or aujourd’hui, confirme Jean-Bernard Guyon, de Commodities Asset Management. On se porte mieux avec de l’or qu’avec des obligations grecques dans son portefeuille». Même les banques centrales, censées privilégier les réserves en devises, redécouvrent les vertus de l’or. «Les banques centrales des pays développés, qui depuis vingt ans écoulaient leur stock d’or, sont redevenues 'nettes acheteuses' l’année dernière», note Benjamin Louvet. Dans les pays émergents, l’Inde, la Russie ou encore la Thaïlande sont parmi les plus gros acheteurs. Elles devraient être imitées par la Chine qui souhaite diversifier ses réserves, dont l’essentiel reste constitué de bons du Trésor américain.

Vers de nouveaux sommets ?


Dans ces conditions, la hausse de l’or, bien qu’elle atteigne déjà 25% depuis le début de l’année, semble partie pour durer encore quelques mois. «Si on a une nouvelle crise de liquidités comme cela semble être le cas aujourd’hui, l’or peut encore s’envoler. L’once peut atteindre 2000 dollars, voire 2300 dollars sans problème», estime Benjamin Louvet. «Mais attention : le soufflé peut retomber très vite, si les politiques parviennent à rassurer les marchés».

Même son de cloche du côté de Commodities Asset Management. «Il y a trop de facteurs qui militent pour une hausse de l’or. L’ensemble des autres investissements sont très décevants, les taux d’intérêt sont au plus bas et les pays développés n’ont pas réglé leurs problèmes de dette», détaille Jean-Bernard Guyon. Toutefois la progression devrait être plus lente qu’au cours des dernières semaines, avec de possibles périodes de consolidation. La plupart des spécialistes avancent le cours de 2400 dollars l’once comme un plafond qui pourrait déclencher une vague de prise de bénéfices. «Cela correspond au plus-haut de 850 dollars atteint en 1980, corrigé de l’inflation», précise M. Guyon. Reste à savoir si les craintes sur l’économie mondiale étaient plus fortes à l’époque qu’aujourd’hui.

François Schott


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- A voir également: l'interview de John Hathaway, gérant du fonds Gold de Tocqueville Finance (interview vidéo)





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Publié le 24 Août 2011

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