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Et si on épargnait solidaire ?

Et si on épargnait solidaire ?

(Easybourse.com) L'épargne n'est pas forcément un acte égoïste. Il existe aujourd'hui de nombreux placements solidaires, qui permettent de soutenir des entreprises et des associations tout en sécurisant son capital. A (re)découvrir lors de la Semaine de la Finance solidaire (3-10 novembre).

Les Français se ruent sur le livret A, crise économique et financière oblige, mais savent-ils qu’il existe d’autres placements pour faire fructifier leur épargne ? A l’occasion de la Semaine de la Finance solidaire (3-10 novembre), l’association Finansol se mobilise pour faire connaître le concept et les produits d’épargne solidaire.

«Face à un système financier traditionnel dans lequel l'épargne des citoyens est trop souvent investie de manière opaque dans des projets dont le seul objectif est la rentabilité maximale, la finance solidaire affirme sa différence», rappelle l’association qui édite chaque année un guide des placements solidaires.

Encore peu nombreux il y a quelques années, ces placements sont aujourd’hui au nombre de 126 et affichent un encours d’environ 3 milliards d’euros, signe de leur succès grandissant. Dans leur intitulé, les produits de la finance solidaire ressemblent fortement à des produits d’épargne classique : livrets, fonds communs de placement, SICAV, comptes à termes, assurance-vie... La différence réside dans la finalité du placement : l’argent récolté bénéficie à des entreprises d’insertion, des associations ou des coopératives luttant contre l’exclusion et en faveur de la protection de l’environnement. Cela implique que l’épargnant «renonce à une partie de son espoir de gain au profit d'une ONG ou d'une entreprise solidaire au sens le plus large du terme», explique François de Witt, président de Finansol, pour qui l'épargne solidaire est un «compromis entre l'épargne et le don».

Epargne de partage ou produit d’investissement solidaire, deux logiques différentes

L'épargne de partage consiste, pour l'épargnant, à faire don de tout ou partie des revenus de son placement à une œuvre d'intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, culturel ou environnemental. Selon les critères du label Finansol, un placement de partage est un produit d'épargne dont le souscripteur reverse, sous forme de don à un organisme solidaire, au moins 25 % des revenus générés.

Certaines banques ont même créé leur carte bleue solidaire

La plupart du temps, le choix est laissé à l’épargnant du pourcentage de ses intérêts qu’il souhaite reverser. Le Crédit coopératif a ainsi lancé début 2009 le livret « A comme Agir ». Il s’agit d’un livret A classique assorti d’une option de partage à hauteur de 25%, 50%, 75% ou 100% des intérêts annuels distribués à l’épargnant. L’objectif de ce livret étant de financer le logement social en France, les intérêts sont versés à l’association Habitat et Humanisme, bénéficiaire unique de ce placement. Cette association a pour vocation le maintien ou le relogement de familles en situation d’exclusion dans les centres-villes.
Certaines banques ont même créé des cartes bleues solidaires, qui permettent d’effectuer un don à chaque retrait en distributeur automatique. Contrairement aux livrets de partage, le don est ici effectué par la banque, sans incidence sur le compte du client, si ce n’est la cotisation annuelle un peu plus élevée que pour une carte de retrait classique.

Les produits d’investissement solidaire consistent à investir un capital dans des activités à forte utilité sociale. On trouve dans cette catégorie des OPCVM (SICAV ou FCP), des livrets d’épargne et des produits d’assurance-vie. Par exemple, Natixis Asset Management a lancé en mars 2009 un fonds commun de placement (FCP) baptisé Emplois Sérénité qui investit une partie de ses actifs (entre 5 et 10% de l’encours) dans l’achat de parts de la Société d’Investissement France Active (SIFA). France Active finance des entreprises d’insertion par l’activité économique en France.
Ce genre de fonds est parfois appelé fonds 90/10 en référence à la proportion d’investissement dans des entreprises solidaires (10%) par rapport au reste de l’encours (90%). Les entreprises solidaires sont par définition non cotées, tandis que le reste du fonds est généralement placé dans des valeurs boursières dites « éthiques ». Par conséquent, il est exposé aux fluctuations des marchés financiers, même si les actifs solidaires jouent un rôle d’amortisseur à la hausse ou à la baisse.


Voir aussi : Les placements solidaires (fiche pédagogique)

- L'interview de François de Witt, président de Finansol, à l'occasion de la Semaine de la Finance solidaire


François Schott

Publié le 28 Octobre 2011

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