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BNP, Amundi, Allianz, Barclays, State Street...Décryptage de l'évolution des marchés financiers: risques et opportunités

BNP, Amundi, Allianz, Barclays, State Street...Décryptage de l'évolution des marchés financiers: risques et opportunités

(Easybourse.com) Depuis le mois de mai, une phase d'instabilité s'est ouverte sur les marchés financiers. Actions, obligations, devises, matières premières...? L'ensemble des classes d'actifs ont été affectées de manière indiscriminée. Les mouvements de va et vient sont devenus plus erratiques, les tendances plus difficiles à déceler. Pour autant, à bien écouter les experts, des points communs se dessinent sur la marche à suivre en matière d'allocation d'actifs au cours des prochains mois.

Interview de Kurt  Kotzegger

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Kurt Kotzegger

Directeur de la gestion

Raiffeisen Capital Management

Interview de Alain Pitous

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Alain Pitous

Directeur des gestions diversifiées

Amundi

Interview de Franck Dixmier

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Franck Dixmier

Directeur Europe des investissements obligataires

Allianz Global Investors

Interview de Dominique  Barbet

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Dominique Barbet

Responsable de la recherche économique de marché

BNP Paribas

Interview de Jean-Marie  Mercadal

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Jean-Marie Mercadal

Directeur général délégué d'OFI Asset Management

OFI Asset Management

Interview de Thierry Sarles

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Thierry Sarles

Responsable de la gestion taux

CPR Asset Management

Interview de Frédéric Jamet

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Frédéric Jamet

Directeur de la gestion

State Street Global Advisors France


Le diagnostic est partagé. Les perturbations ont commencé à la suite des propos du gouverneur de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke le 22 mai dernier. A l’occasion d’un discours prononcé devant la commission économique mixte du Congrès américain, M Bernanke fait état pour la première fois de l’éventualité pour la Fed de modérer l’assouplissement de sa politique monétaire au cours des prochains mois. En particulier, pour un certain nombre de raisons-parmi lesquelles, l’amélioration de la toile de fond macroéconomique aux Etats-Unis et la volonté de résorber des excès survenus dans certains compartiments des marchés en raison de l'injection massive de liquidités-la Banque centrale américaine prévoit de réduire son programme d’achats massifs de titres de dette, actuellement de 85 milliards de dollars par moi, dès septembre ou octobre prochain. Les investisseurs appréhendent les effets de ce changement qui devrait se traduire par une moindre liquidité injectée dans le système.

A cette nouvelle orientation à venir de la politique de la Fed se sont ensuite ajoutées d’autres sources d’inquiétudes. En Chine, des doutes sont nés concernant l’ampleur du ralentissement de la croissance et la vulnérabilité du système financier consécutivement à une frénésie dans la distribution du crédit aux agents économiques-ménages et entreprises-les plus fragiles. Au Japon, un certain malaise s’est développé face aux lacunes apparentes dans le plan de réformes structurelles du nouveau gouvernement en place, censé accompagner un plan de relance ambitieux et un stimulus monétaire important pour sortir le pays de la déflation. En Europe, aux tracas soulevés par la situation budgétaire et bancaire à Chypre, se sont additionnés des troubles politiques en Grèce et au Portugal, liés pour le premier à la fermeture de la télévision publique et pour le second à la fatigue éprouvée dans l’adoption des mesures d’austérité pour assainir les finances publiques. Des tensions ont également été ressenties à l’égard de l’Italie en proie à un gouvernement instable et envers la France qui a du mal à mettre en œuvre les mesures qui s’imposent pour ramener son déficit publique à 3% du PIB.

Au cours des prochains mois, autrement dit d’ici la fin de l’année, la mobilité des investisseurs devraient demeurer significative, des zones d’ombre continuant à planer à l’horizon. Cependant au fur et à mesure du temps, l’accalmie devrait se renforcer notamment grâce à un certain nombre d’évènements. Au Japon, des élections sont prévues le dimanche 21 juillet à la Chambre Haute du Parlement. Si la victoire de la majorité est confirmée, comme le pressent la majorité des analystes, le premier ministre Shinzo Abe aura une grande marge de manœuvre pour annoncer des réformes structurelles plus significatives. Au sein de la zone euro, l’issue des élections allemandes qui doivent se dérouler en septembre- avec la consécration présumée d’Angela Merkel comme chancelière pour cinq années supplémentaires -devrait permettre de retirer une épine du pied à la Banque centrale européenne en vue de se lancer dans davantage d’actions non conventionnelles destinées à aider au financement des entreprises non financières dans les pays d’Europe du sud. La BCE pourrait alors se lancer dans une nouvelle opération de refinancement à long terme des banques européennes (LTRO) ou encore procéder à de nouveaux achats de titres de dette des Etats membres confrontés à des taux obligataires excessivement élevés (SMP). Le renouvellement du mandat de Madame Merkel pourrait aussi donner lieu à la définition d’une politique économique plus équilibrée, mettant autant l’accent sur le dynamisme de la croissance que sur l’austérité requise pour assainir les finances. Au-delà de ces échéances politiques, une clarification des intentions de la Fed devrait permettre aux opérateurs de marché d’appréhender l’environnement avec plus de sérénité.

Le principal catalyseur devrait résider, ce faisant, dans le rétablissement de la conjoncture économique au sein des différents grands blocs. La multiplication de signes positifs aux Etats-Unis et au Japon, l’amoindrissement voire l’absence d’autres signes négatifs dans la zone euro ou en Chine devraient conforter les investisseurs dans leur orientation vers les actifs risqués.

Le principal risque à surveiller sera relatif à l’évolution des taux obligataires, notoirement du taux à dix ans américain. Une remontée trop forte du taux, au-delà de 3%, pourrait remettre en cause la vigueur de la reprise aux Etats-Unis tout d’abord, et un peu partout dans le monde.

En termes d’allocation d’actifs, les lignes directrices dominantes sont un maintien des positions dans les actions européennes et américaines, et dans les obligations d’entreprises risquées de ces deux grandes régions et une sortie des actifs des marchés émergents, actions et obligations émergentes.

Les avis sont partagés quant à un positionnement sur les obligations souveraines des pays développés. Certains avancent un appétit pour les obligations des pays matures de la zone euro-les taux allemands et dans une moindre mesure les taux français-censés baisser sous l’impulsion de l’appui de la BCE ; d’autres favorisent les obligations des pays périphériques de la zone euro-Espagne et Italie ; d’autres enfin préfèrent tout simplement rester à l’écart.

Du côté des matières premières, la prudence est recommandée sur l’ensemble de l’univers, essentiellement sur l’or.


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Imen Hazgui

Publié le 12 Juillet 2013