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Actions 2014 : sur quels pays, quels secteurs, quelles valeurs investir selon 10 experts des marchés financiers

Actions 2014 : sur quels pays, quels secteurs, quelles valeurs investir selon 10 experts des marchés financiers

(Easybourse.com) En ce début d'année, les pronostics vont bon train sur ce que pourrait être l'évolution des marchés actions au cours des 12 prochains mois après deux années consécutives de très bonnes performances. Nous avons souhaité chez Easybourse recueillir l'opinion de 10 experts des marchés financiers. Afin d'avoir des points de vue différenciés nous nous sommes attachés a interroger plusieurs profils : stratégiste, analyste, conseiller en investissement, responsable des gestions, gérant, économiste...

Interview de Nathalie Renson

Interview

Nathalie Renson

Directeur de la gestion

Primonial Asset Management

Interview de Frédéric Rollin

Interview

Frédéric Rollin

Conseiller en stratégie d'investissement c

Pictet & Cie

Interview de Philippe Mimran

Interview

Philippe Mimran

Directeur des gestions

La Française des Placements

Les mêmes questions ont été posées à ces professionnels de la finance au sujet de leur sentiment sur la part d'actions à détenir dans un portefeuille équilibré cette année, sur l'allocation géographique à définir, la répartition sectorielle à adopter et les risques a surveiller.

Un peu ou beaucoup d'actions cette année ?

L'opinion est plutôt positive pour l'ensemble des experts interrogés. Quasiment tous sont d'avis que les actions sont la classe d'actifs actions sur laquelle il y a lieu de massivement se positionner. « Nous sommes positifs sur la classe d’actifs à la fois en absolu et en relatif. Pour la première fois en 2013, la collecte nette a été positive sur ce compartiment et cela pourrait bien encore se poursuivre » commente Laurent Jacquier-Laforge, directeur de la gestion

La phase actuelle est propice à l’achat

actions au sein de La Banque Postale Asset Management. La phase actuelle est propice à l’achat de titres en raison de la reprise de la croissance, et donc des bénéfices, de l’absence d’inflation et donc de la poursuite des politiques monétaires ultra accommodantes de la part des grandes banques centrales malgré la réduction du programme d’achat d’actifs par la Réserve fédérale américaine considère Joffrey Ouafqa, gérant actions chez Convictions Asset Management. « Nous pensons que la BCE devrait annoncer des mesures supplémentaires au cours du premier trimestre» évoque Patrick Moonen, stratégiste chez ING Investment Management.

Un seul intervenant affiche cependant un certain scepticisme quant a la performance à requérir des actions cette année et recommande même de rester a l'écart, à savoir Bertrand Jacquillat, président et co-fondateur d'Associés en Finance, vice-président du Cercle des économistes. « Je pense qu’il y a plus de chances que les actions baissent cette année qu’elles ne montent. Les investisseurs devraient rester à l’écart de ce segment pour s’orienter sur les obligataires ».

L'année sera vraisemblablement segmentée en deux partie

L'année sera vraisemblablement segmentée en deux parties selon Patrick Moonen et Alexandre Baradez, responsable des analyses de marchés chez IG Markets France en raison de plusieurs points d’attention. En cela, le rallye devrait se faire observé principalement au cours du second semestre.

2014 sera, par ailleurs caractérisée par des fluctuations plus importantes que l'année dernière.

Vers quels pays s'orienter ?

La zone euro et le Japon rencontrent l'engouement de la majeure partie des

La zone euro et le Japon rencontrent l'engouement

spécialistes sollicités au détriment des actions américaines. « Nous sommes, sur les marchés actions américains sur des bases extrêmement élevées, par rapport aux points bas de 2009. Le Nasdaq a bondi de plus de 200%, et le S&P de plus de 150%. L’année dernière, la hausse des cours s’est presque verticalisée. Nous n’avons quasiment pas eu de pause » indique Alexandre Baradez. Pour ce dernier, des baisses de 15% à 20% des grands indices américains ne sont pas à exclure. Les secousses devraient néanmoins être de moindre amplitude pour les actions européennes car le phénomène de rattrapage ne s’est pas entièrement réalisé.

Ainsi, le Cac 40 pourrait monter jusqu’à 4600 points, le Dax jusqu’à 10300 points, le MIB italien jusqu’à 21000 points contre 19700 points aujourd’hui. La hausse devrait en revanche être moins spectaculaire pour la bourse espagnole qui a déjà beaucoup gagné et sur la bourse britannique. « De nombreuses sociétés cotées britanniques du Footsie ne sont pas principalement influencée par l’évolution positive de l’économie du Royaume-Uni » justifie Joffrey Ouafqa.

Sous l'impulsion de la politique monétaire très accommodante, et des reformes structurelles, le Nikkei pourrait revenir aux niveaux de 2007 à 18300 points d’ici 12 à 18 mois

Les actions américaines paraissent effectivement onéreuses, mais leur coût est justifié

Laurent Jacquier-Laforge veut cependant davantage miser sur les actions US . « Les actions américaines paraissent effectivement onéreuses, mais leur coût est justifié par des attentes de résultats qui devraient être révisés à la hausse. Parallèlement l’expansion des multiples a été plus forte en Europe. 70% des résultats des sociétés américaines sont générés sur le territoire domestique, contre 50% pour les sociétés européennes qui réalisent, quant à elles, selon nos estimations, environ 20% de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis et 30% dans les pays émergents».
Une performance de l’ordre de 8%, dividendes inclus est attendue par le responsable de LBP AM pour le marché étasunien contre 7% pour le marché européen.

Les marchés émergents sont globalement évités sauf la Chine

Les marchés émergents sont globalement évités. « Parce que je ne vois pas de signaux de reprise clairs dans l'immédiat, il ne me semble pas sensé de retourner pour l’instant sur les émergents. La consolidation a vocation à perdurer» prévient Alexandre Baradez. « A ce jour les flux sortants se prorogent sur les marchés émergents et nous devrions continuer à observer cette tendance » renchérit Patrick Moonen.
Une exception est faite pour la Chine. « Nous sous pondérons les marchés émergents sauf la Chine » avance Laurent Jacquier-Laforge. « Les réformes engagées par le nouveau gouvernement sont nécessaires. La valorisation du marché chinois est à des niveaux historiquement faibles » justifie le directeur de la gestion actions de LBP AM.
L'indice Hang Seng, des actions chinoises cotées à Hong Kong, est à surveiller de prés. « L'achat serait recommandé si l’indice franchit le niveau de 24 100 points » déclare Alexandre Baradez.

Sur quels secteurs se positionner ?


Le secteur bancaire a la primeur pour le plus grand nombre des participants à ce dossier en raison de la mise en place de l’union bancaire et du soutien de la

Le secteur bancaire a la primeur

BCE aussi bien sur le front de la politique monétaire que sur celui de la régulation. «La hausse additionnelle des actions européennes ne se fera vraisemblablement pas sans les valeurs bancaires » soutient Philippe Mimran, directeur des gestions de La Française des Placements.
Les grandes banques françaises (comme Société Générale), allemandes (comme Deutsche Bank) ou italiennes (comme Intesa San Paolo) devraient tirer avantage de la convergence et de la transparence accrues au sein de l’union monétaire.

Certains affichent cependant une relative méfiance. « La rentabilité attendue ne justifie pas toujours l’engouement massif sur ce secteur et pensons que la prime de risque a déjà été grandement consommée » met en garde Laurent Jacquier-Laforge.

Parmi les autres secteurs plébiscités figurent, l’automobile (avec Volkswagen Duerr, Faurecia, Renault,), l’innovation, (avec Qualcomm, Ingenico, Gameloft, SAP, AMS, Google, Amazon), l’industrie (avec Siemens et BASF), le média européen, la santé (Sanofi, Korian, Guerbet, Stada).

Les secteurs désavoués sont, les secteurs défensifs comme l’agroalimentaire,

Une réticence est affichée à l'égard de l’agroalimentaire, de la grande distribution, du luxe, des matériaux de base

la grande distribution et le luxe, mais aussi les matériaux de base.

Les secteurs des télécoms et des utilities sont jugés difficiles à appréhender en raison des politiques tarifaires agressives qui sont néfastes pour les marges pour les télécoms et du risque politique pour les utilities.

Un attentisme est avancé à l’égard des pétrolières et parapétrolières.

Quels risques surveiller de près ?

A la fois des risques négatifs et des risques positifs sont identifiés.

Pour ce qui est des risques négatifs, le principal danger serait que la petite reprise en Europe ne se poursuive pas et que certains pays membres retombent en récession. «Nous donnerions 30% de probabilité à la concrétisation de ce scénario aujourd’hui » mentionne Philippe Mimran.
Nous pourrions aussi avoir un dérapage des taux d’intérêt américains. « Un relèvement plus tôt que prévu des taux d’intérêt, en raison d’un

Le principal danger serait que la petite reprise en Europe ne se poursuive pas

embellissement de la toile de fond macroéconomique plus marqué, pourrait mettre un coup d’arrêt au rallye des actions » alerte Laurent Jacquier-Laforge. Un accident pourrait survenir sur une dette ou une monnaie émergente du fait de la force du dollar ou du ralentissement de l’activité dans ces régions du monde. « Des pays comme l’Indonésie, le Brésil, la Turquie ne sont pas à l’abri » précise Laurent Jacquier-Laforge. Le fort niveau d’endettement, spécialement en Italie, et le chômage élevé qui peut peser sur la consommation et sur la stabilité politique pourraient raviver les préoccupations des investisseurs en Europe avertit Alexandre Baradez. « L’avancée des partis extrêmes pourrait intensifier la volatilité sur les marchés actions » souligne Joffrey Ouafqa.
Un déraillement conjoncturel difficile à contrôler au Japon n’est pas à écarter du fait d’une mise à mal de la consommation et dès lors que la dette représente près de 220% du PIB.
La bulle immobilière en Chine et les dérives du shadow banking sont également sources éventuelles de perturbations.

Parallèlement à ces menaces, nous pouvons envisager des sources de surprise

Nous pouvons envisager des sources de surprise positive

positive. Tout d’abord, une élévation du PIB américain ou du PIB allemand au-delà du potentiel. Puis un rebond des marchés émergents plus rapide que prévu du fait de l’effet multiplicateur de la croissance mondiale. Ensuite, un redémarrage plus vigoureux qu’attendu du cycle des fusions acquisitions. « La liquidité est abondante, les taux sont encore bas, le sentiment de confiance est meilleur, quelques opérations d’envergure pourraient permettre d’enclencher un nouveau cycle de M&A. Cela fait plusieurs années que nous vivons avec un volume d’opérations à un niveau historiquement bas » note Laurent Jacquier-Laforge.

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Imen Hazgui

Publié le 15 Janvier 2014