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Interview de Jan Löning : Président d’Avis France

Jan Löning

Président d’Avis France

En 2009, nous prévoyons en France une baisse du marché entre 5 et 10%

Publié le 06 Avril 2009

Un commentaire sur les résultats publiés, sachant que pour la France, Avis a généré 400 millions d’euros de chiffre d’affaires…
Nous communiquons sur nos chiffres globaux au niveau européen, mais en France, le chiffre d’affaires 2008 de 400 millions d’euros est flat par rapport à 2007.

En revanche, nous avons enregistré une croissance forte de près de 7% au premier trimestre, puis une croissance nulle au second trimestre, et une dégradation à partir de septembre-octobre, pour finir par un recul de l’activité au quatrième trimestre de 5 à 6%. 

Globalement, Avis France a connu une année vraiment très forte à son début, avec ensuite une dégradation progressive à partir du second trimestre, qui s’est accéléré après l’été… Cela étant, la bonne nouvelle, c’est qu’Avis, aussi bien en France que sur l’ensemble de l’Europe, s’est montré très réactif en prenant un ensemble de mesures d’économie sur sa flotte, ses effectifs et sur l’ensemble des autres coûts, ce qui a permis au groupe tout entier de dégager des résultats en légère progression aussi bien en termes de résultat d’exploitation qu’en termes de résultat avant impôts.

Quel est votre niveau d’endettement ?
La location de voitures est une activité qui est structurellement consommatrice en capitaux engagés, parce que pour réaliser 100 euros de chiffres d’affaires, nous devons mettre en face 130 euros de valeur de flotte et donc de dette.

Avis a d’ores et déjà sécurisé ses financements jusqu’en 2010, voire 2011, nous sommes donc très sereins par rapport aux difficultés que peuvent connaître les marchés du crédit actuellement. Quant à l’année 2009, elle sera sans doute difficile, mais nous restons confiants parce que nous sommes bien armés, notamment grâce aux réductions de coûts, pour résister à cette crise. Nous sommes par ailleurs extrêmement confiants sur le moyen terme…

A l’heure actuelle, notre hypothèse de travail sur le marché français, c’est un recul de 5 à 10% de l’activité, mais le reste de l’année 2009 nous dira si nous avons eu tort…

En France, quelles parts de votre chiffre d’affaires représentent, respectivement, les activités Loisir et Professionnels ?
En fait, la moitié de notre activité est une activité de loisir et l’autre moitié est celle dédiée aux professionnels. Globalement, notre activité est donc très équilibrée entre ces deux parties du marché.

C’est un équilibre qui s’est fait de facto, mais il faut savoir que la démarche commerciale doit être active aussi bien côté entreprises et BtoB, mais également du côté du marché de loisir.

Cet équilibre est important pour nous à plus d’un titre : d’un côté, en termes de clientèles, puisque ce sont les mêmes personnes qui louent tantôt à titre professionnel tantôt pour leurs loisirs, et d’autre part, c’est d’autant plus important économiquement, dans la mesure où cela nous permet d’utiliser la même voiture du lundi au vendredi pour des locations professionnelles, et cette voiture servira aussi pendant le week-end, au mois d’août ou pendant les ponts du mois de mai, pour des locations de loisir.

Ceci nous permet en conséquence d’avoir un bon taux d’utilisation de notre flotte, ce qui est une des clefs du modèle économique de la location de voitures… 

Quels ont été les moteurs de croissance en 2008 ?
Nous avons connu à partir du deuxième trimestre une baisse de l’activité, en particulier aux Etats-Unis et en Angleterre, puis à partir de septembre, nous avons enregistré une baisse de l’activité de location, aussi bien de loisir, en France, que dans les entreprises françaises en France…

Sur l’ensemble de l’année, on constate que le segment loisir en France est l’un de ceux qui résiste le mieux, de même que dans les entreprises, l’activité résiste bien sur l’ensemble de l’année avec, dans le détail, une activité en aéroport qui, globalement, baisse plus tandis que l’activité hangar résiste mieux.

Comment avez-vous ressenti l’impact de la crise sur votre activité et qu’anticipez-vous pour 2009 ?
Nous avons observé les premiers signes de ralentissement de l’activité dès le mois d’avril 2008, en conséquence de quoi nous avons commencé, dès cette date,  à travailler sur des plans d’économie, justement dans l’objectif d’absorber la moindre activité que nous voyions venir. Nous n’avions pas du tout prévu l’ampleur de la dégradation sur le second semestre, et nous nous étions très clairement mis dans une logique de dégradation de l’activité et donc de réactivité par rapport à ça.

Puis après l’été, la dégradation a été forte avec un réel recul de l’activité à partir de septembre. En chiffre, sur le quatrième trimestre, la baisse de l’activité en France a atteint 5-6% dans un marché qui a connu de longues années de croissance continue.

Par rapport à 2009 maintenant, nous prévoyons aujourd’hui une baisse du marché entre 5 et 10%, bien qu’il soit encore très difficile de faire des prévisions fines, dans la mesure où l’année 2008 nous a appris à rester très prudents dans les prévisions à long terme.

Ce sont par ailleurs avec ces chiffres que nous travaillons et avec lesquels nous avons ajusté notre structure de coûts en diminuant d’un côté notre flotte, de 15% par rapport à l’année passée, et d’un autre côté en réduisant les effectifs à travers une action concertée avec nos partenaires sociaux afin de geler les embauches dès septembre et réduire ainsi progressivement notre personnel.

Etant donnée l’importance du coût de détention des véhicules pour votre activité, pourriez-vous nous fournir quelques détails chiffrés à ce sujet ?
Le coût de détention des véhicules, quand on inclut les frais financiers, c’est de l’ordre de 40% de notre chiffre d’affaires. C’est donc de loin notre premier poste de dépenses…

Vous avez également annoncé l’augmentation de vos tarifs pour pallier à cette baisse d’activité…
Nous sommes dans un marché où il y a une inflation de nos propres coûts, notamment à travers une augmentation du coût de détention des véhicules, nous avons donc l’obligation de chercher des augmentations de prix, ce que nous avons fait sur les dernières semaines en augmentant ponctuellement nos tarifs.

Cela étant, nous devons, dans le même temps, rester compétitifs en termes de prix puisque nos clients comparent les prix ce qui nous contraint à rester dans le marché pour ne pas perdre de clientèle.

Vous proposez par ailleurs de nouvelles offres…
Ce qui est important pour nous, c’est que, même si nous sommes dans un contexte de crise et même si l’activité baisse de 5 ou 10%, cela signifie qu’entre 90 à 95% de nos clients de l’année passée reviennent et cherchent un très bon service chez Avis.

En conséquence, la recherche de l’innovation et du service est un élément extrêmement important, c’est pourquoi nous interrogeons en permanence nos clients afin de comprendre quelle est leur expérience de la location de voiture, et pour être certains que notre niveau de service correspond bien au niveau d’attente de nos clients.

Ainsi avec notre offre «preferd 3 minutes», nous proposons aux clients qui se sont inscrits à notre offre «preferd», gratuitement, d’avoir dès leur entrée en agence, leurs clefs dans les trois minutes… Il s’agit là d’un élément d’attente fort de nos clients…  C’est un service qui fonctionne bien, que nous avons d’abord lancé en France et que nous allons étendre aux autres pays européens.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy

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