Interview de Hugues Souparis : PDG du groupe Hologram Industries

Hugues Souparis

PDG du groupe Hologram Industries

Nous ne sommes pas étonnés par notre performance boursière

Publié le 19 Octobre 2011

Hologram Industries est l’une des rares valeurs en hausse depuis le début de l’année à la Bourse de Paris (+14%). Comment expliquez-vous cette performance à contre-courant du marché ?

Nous ne sommes pas étonnés par cette performance. S’il n’y avait pas eu de crise, le titre se serait nettement plus apprécié ! En effet, l’année 2011 est pour nous une année de forte croissance à la fois au niveau du chiffre d’affaires et du bénéfice, comme l’illustrent nos résultats sur neuf mois. Du reste, nous avions annoncé cette croissance l’année dernière au vu des nouveaux contrats que nous avions signés, notamment dans le domaine de la protection des billets de banque, qui nous offrent une grande visibilité sur notre chiffre d’affaires. Nous sommes une société fortement technologique, très peu cyclique et qui a l’habitude de remplir ses objectifs, d’où la confiance que nous témoignent les investisseurs.

Quels ont été les moteurs de votre croissance au troisième trimestre (+23% à 9,9 millions d’euros) ?
Nous avons enregistré une forte croissance de nos volumes (+28%) dans les documents d’identité. Celle-ci repose essentiellement sur le retour à des volumes normaux dans les documents de voyage (passeports, etc) et sur la conversion en chiffre d’affaires des projets gagnés en 2010. L’intégration des activités de LSA (société américaine rachetée en 2010) début 2011 a permis au groupe de renforcer ses positions dans la protection des marques (+73%). Enfin les succès commerciaux obtenus fin 2010 dans les billets de banque ont généré une croissance de 53% sur ce segment.

En revanche, nos solutions de lutte contre le piratage sur internet peinent encore à trouver leur marché. Les éditeurs de musique ou de contenus audiovisuels (chaînes de télévision, etc) ne semblent pas disposés, pour l’instant, à payer pour protéger leurs contenus sur le web. Mais nous restons très confiants sur l’avenir de cette activité d’identification digitale qui constituera un relais de croissance pour notre entreprise.

Où en est la réorganisation de vos activités aux Etats-Unis ?
Suite au rachat de LSA fin 2010, nous avons fermé l’usine de Secure Mark à Chicago (identification des véhicules) et transféré l’activité à Bridgeport (Connecticut). Le nouvel ensemble constitue notre filiale américaine, rebaptisée Secure Mark Technology. Elle devrait enregistrer un chiffre d’affaires d’environ 9 millions d’euros en 2011, en hausse par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, alors que les deux entreprises étaient en pertes lorsque nous les avons rachetées, elles sont aujourd’hui rentables.

Vous prévoyez une croissance de 30% de votre chiffre d’affaires cette année et une marge opérationnelle d’au moins 18%. Pourrez-vous tenir ce rythme en 2012 ?
Il est encore trop tôt pour faire une prévision chiffrée. Mais, normalement, 2012 sera une bonne année. Nous bénéficierons encore des contrats signés en 2010 dans le domaine des billets de banque, qui continueront à produire du chiffre d’affaires, ainsi que du démarrage de nouveaux contrats. Le seul élément qui pourrait freiner notre croissance serait que les gens se mettent à moins voyager avec la crise, ce qui impacterait nos volumes de documents d’identité. Mais cela ne se ferait sentir qu’avec un décalage d’au moins six mois. Nous restons très confiants pour l’année prochaine.

Propos recueillis par François Schott