Interview de Henri-Paul Adad : Directeur général de Friedland Gestion

Henri-Paul Adad

Directeur général de Friedland Gestion

Nous n'avons pas d'engouement pour les valeurs pétrolières hormis quelques équipementiers spécifiques comme Technip

Publié le 20 Février 2014

Quel regard portez-vous sur les actions françaises à ce stade de l’année ?
Même si notre portefeuille met quelque peu l’accent sur les larges capitalisations, nous sommes prudents sur ce compartiment du marché. En effet, de nombreuses sociétés ont été impactées par la dépréciation des devises émergentes. Nous sommes plus confiants sur les moyennes capitalisations.

Qu’en est-il de votre allocation sectorielle ?

Nous avons une vision positive du secteur bancaire tout en faisant attention aux points d’entrée. Des questions pourraient de nouveau être soulevées au sujet de la dette souveraine, en conséquence, nous attendons quelques corrections de marché avant de revenir plus massivement dessus. *

Quelle vision avez-vous des derniers résultats publiés par Société Générale et BNP ?
Les résultats ont été bons. Bien que les chiffres de la BNP aient été impactés en 2013 par une provision inattendue, l’activité et le chiffre d’affaires s’inscrivent dans une tendance positive.

Quels titres ont votre préférence ?

Nous avons une préférence pour Société Générale et Crédit Agricole où les potentiels de revalorisation nous semblent intéressants.

Sur quels autres secteurs êtes vous investis ?
Nous aimons les valeurs technologiques comme Gemalto et Ingenico, même si elles sont quelque peu en retrait par rapport au marché. Nous gérons plus finement les valeurs réactives comme Dassault Systèmes.
Nous avons pris des paris marqués sur l’automobile, en particulier sur les équipementiers comme Faurecia.
Dans les télécoms nous avons décidé de réinvestir sur Orange. Nous avons également quelques positions dans la santé comme Sanofi.
Enfin, bien que nous ne soyons pas très présents sur les médias, certaines sociétés constituent à nos yeux des opportunités.

Quels secteurs évitez-vous ?

Nous n’avons pas d’engouement pour les valeurs pétrolières hormis quelques équipementiers spécifiques comme Technip.

Quelle est la dernière valeur que vous avez introduite en portefeuille ?

La FFP, la holding de Peugeot. Compte tenu de l’évolution de ses participations, nous jugeons la valeur sous-estimée notamment si l’on considère la progression de Faurecia et de Peugeot.

Quel est celle que vous avez sortie ?

J’ai dernièrement sorti Technicolor en raison de sa vive hausse, bien que je pense que l’action offre encore du potentiel. Je ne mets pas en cause l’attrait de la valeur mais trouve d’autres opportunités plus intéressantes.

Que surveillez-vous de près dans votre radar pour ajuster l’importance de votre allocation actions ?
Nous suivons de près l’évolution des chiffres américains, afin de voir plus clair sur le comportement de la Réserve fédérale américaine.

Une hausse brutale des taux d’intérêt est-elle un risque sérieux ?
Il est difficile de répondre à la question.

Les tensions observées du cotés des émergents vous inquiètent-elles ?
Oui, mais le mouvement nous semble déjà bien intégré dans le marché, à moins de voir se dessiner une catastrophe. Pour l’instant nous sommes sous pondérés sur les actifs émergents, et souhaitons patienter jusqu’à ce que l’accalmie soit retrouvée.

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Propos recueillis par Imen Hazgui