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Interview de Marie-Jeanne  Missoffe : Responsable gestion Actions Croissance chez Mandarine Gestion

Marie-Jeanne Missoffe

Responsable gestion Actions Croissance chez Mandarine Gestion

Legrand, Schneider, Nexans : nous nous sommes renforcés sur les grandes valeurs industrielles françaises

Publié le 17 Mai 2017

En quoi consiste la thématique de votre fonds Mandarine Opportunités ?
Le fonds est exposé aux sociétés françaises dont les bénéfices sont en croissance. Nous considérons en effet que la performance boursière des sociétés dépend directement de la progression des profits engendrés.

Pouvez -vous nous décrire brièvement votre processus d'investissement?

Nous avons identifié des opportunités de croissance structurelle autour de quatre grands axes : le vieillissement de la population, la classe moyenne, l’environnement et le digital. Ces quatre piliers s’inscrivent dans des tendances de long terme. Ils intègrent chacun plusieurs thématiques comme les dépenses de santé, l’urbanisation, l’essor du commerce en ligne, le low cost, l’énergie propre, le traitement des déchets…

Ces quatre grands piliers existaient-t-il dès la création du fonds ?

La structuration explicite de l’univers d’investissement en quatre grands segments date d’il y a cinq ans. Toutefois dès sa création, le biais croissance du fonds conduisait à privilégier les mêmes thématiques.

Un de ces grands pilier est-il plus porteur que les autres ?

Le segment aujourd’hui le plus porteur est vraisemblablement la digitalisation. C’est dans ce segment d’activité que nous avons la plus forte pondération avec notamment une société comme Thalès.

En quoi votre processus d’investissement se distingue-t-il tout particulièrement des autres fonds qui peuvent exister sur la même thématique ?

Nous sélectionnons des sociétés qui ont des catalystes de croissance : l’innovation, la dimension internationale, la cyclicité, des opérations capitalistiques (fusion-acquisitions), la réglementation.

Le catalyste des fusions acquisitions est particulièrement significatif ces dernières années. Nous cherchons les sociétés qui ont un bon track record en matière d’acquisitions et qui participent activement à la consolidation de leur secteur. C’est ainsi que nous sommes investis dans Teleperformance qui s’est lancé dans deux grands rachats à trois ans d’intervalle, ou encore Spie qui affermit un secteur très fragmenté.

La règlementation avec le foisonnement de nouvelles règles constitue une opportunité pour notamment des sociétés de certifications (Eurofins), les dispositifs de contrôle d’émission de CO2 (équipementiers automobiles).

Que pouvez-vous nous dire sur l’historique de performance du fonds ?

Le fonds ne change pas sa philosophie de gestion en fonction de la configuration du marché. Cela peut alors le conduire par moment à afficher en fin d’année une sous performance par rapport à son benchmark.
La sous performance de 2016 s’explique par la grande rotation sectorielle qu’a subi le marché des secteurs de croissance vers les secteurs décotés concomitamment à la remontée des taux d’intérêt. Nous avons été trop prudents sur le rythme de reprise en Europe.
En 2013, le fonds a également un peu sous performé dans un marché en forte croissance.
Cependant sur longue période, la performance du fonds est assurément bien supérieure à celle de l’indice de référence. Il résiste bien aux replis de marché.

Quel comportement du portefeuille pressentez-vous cette année ?

Avec la confirmation de la reprise économique en Europe, nous avons ajusté la composition de notre portefeuille en renforçant les valeurs industrielles à la fin de l’année dernière comme Legrand, Schneider ou Nexans qui voient leur carnet de commandes se remplir. Les profits des entreprises font l’objet de révisions en hausse, les dernières publications ont confirmé cette dynamique avec une croissance des bénéfices de près de 20 % en 2017 (contre environ + 13% attendus en début d’année). Si une grande partie de cette croissance vient des valeurs cycliques, l’expansion des bénéfices devrait être largement répartie.

Qu’en est-il de la concentration et de la rotation du portefeuille ?

Notre fonds se compose d’une soixantaine de valeurs, dont 50% de large caps et 50% de small et mid caps.
Le taux de rotation tourne autour de 50%.

Le fonds a-t-il des biais sectoriels ? 
Actuellement le portefeuille est très diversifié. Deux grands biais sont néanmoins caractéristiques. Nous sommes sous pondérés sur le secteur bancaire. Ceci est compensé en partie par une surpondération sur les services financiers comme Amundi, Euronext, Wendel. Nous considérons que la réglementation bancaire pénaliser la rentabilité des banques.
L’autre grand biais est relatif à la technologie qui constitue 11,5% du portefeuille, prioritaire dans les investissements des sociétés. Nous détenons notamment Atos, Capgemini, Altran.

Quels principaux risques identifiez-vous présentement pour votre univers d'investissement ?

Il faut que l’amorce de reprise en France se confirme et accélère.
Par ailleurs, de nombreuses incertitudes planent sur les Etats-Unis avec un manque de visibilité sur la politique de M Trump. Le marché français est le marché européen le plus tourné vers l’international. Ainsi de nombreuses sociétés françaises sont étroitement dépendantes de ce qui se passe sur le marché américain.
Une forte remontée des taux pourrait provoquer un important repli mais ce n’est pas un scénario que nous retenons aujourd’hui.

Propos recueillis par Imen Hazgui