«Le débat du bouclier fiscal ne peut pas se résumer à un amendement même si cet amendement est précieux dans le débat» avance François Barouin ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat.

Une centaine de députés UMP ont déposé un amendement au projet de loi de finance pour supprimer le bouclier fiscal symbole d'une injustice sociale et l'impôt sur la fortune. Pour le ministre «cet amendement se veut être un amendement d'appel pour nourrir un débat qui existe dans notre pays depuis 20 ans».

La mise en place du «bouclier fiscal» vient de Michel Rocard qui a décidé de plafonner à 70% l'ISF et la contribution sociale généralisée (CSG).
Thierry Breton dans le gouvernement de Dominique de Villepin est intervenu sur ce bouclier pour poser un plafond à 60%. «L'idée véhiculée étant que l'impôt en France ne pouvait pas être confiscatoire».

En 2007, Nicolas Sarkozy abaisse le plafond à 50% pour relayer le message et renforcer l'attractivité de la France vis-à-vis des grandes fortunes.
«Il est acquis que l'année prochaine au cours du premier semestre, nous irons plus loin dans le cadre d'une réflexion globale sur la fiscalité. Ceci étant, le gouvernement n'a pas proposé la suppression du bouclier fiscal dans la loi de finance de 2011 et n'envisage pas de le faire».

Nombreux sont ceux à envisager d'ici à trois ans la suppression à la fois du bouclier fiscal et de l'ISF. C'est le cas de Gérard Bekerman, Président de l'AFER et de Philippe Bruneau Président du cercle des fiscalistes. Ils expliquent qu'en effet il est normal de demander un effort collectif et que les plus aisés participent à l'effort imposé par la rigueur budgétaire. Mais pour faire passer la «pilule», il faudra envisager la suppression de l'ISF et avec lui le caractère punitif qu'il véhicule.

Cependant, la suppression de l'ISF et du bouclier fiscal n'est pas si simple! Le produit de l'ISF s'est en effet monté à 3,29 milliards d'euros cette année, tandis que le bouclier fiscal représente un manque à gagner de 700 millions d'euros pour l'Etat. Sa suppression ne compensera donc pas, et de loin, celle de l'ISF.
 
De nombreux fiscalistes préconisent une augmentation du taux de la dernière tranche d'impôt sur le revenu (aujourd'hui 45%). En relevant d'un point ce taux, l'Etat gagnerait 230 millions. Il manquerait encore 2,3 milliards. D'autres pistes sont évoquées : le capital, les plus values immobilières, et les droits de succession.