En matière de fiscalité, le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, a annoncé un projet de 'nouvel impôt sur le patrimoine dont l'idée est la suivante: l'erreur faite dans les années passées c'était de taxer le patrimoine alors qu'il vaut mieux taxer les revenus du patrimoine et les plus values du patrimoine', lors d'un entretien télévisé retransmis sur TF1, France 2 et Canal+ ce mardi.

'L'idée c'est d'engager un vaste débat pour prendre une décision au printemps prochain qui permettrait d'harmoniser la fiscalité française et la fiscalité allemande, parce que je ne veux plus de délocalisations, parce que je souhaite qu'on garde des industries en France', a expliqué le président. 'Je ne peux pas accepter les déficits de compétitivité avec notre principal client et notre principal partenaire qui est l'Allemagne', a-t-il ajouté.

En complément, Nicolas Sarkozy s'est implicitement dit favorable à la suppression de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) et du bouclier fiscal. 'S'il n'y a plus d'ISF, il n'y a pas besoin de bouclier fiscal', a estimé le président de la République. D'autre part, il a réaffirmé qu'il 'n'y aura pas d'augmentation d'impôts'. 'Si nous augmentons les impôts (...), on aura moins d'emploi, moins de croissance, moins de pouvoir d'achat. Il n'y aura pas d'augmentation d'impôts, il y aura des réductions de dépenses', a-t-il prévenu.

Sarkozy veut un 'nouveau système monétaire international'

Le chef de l'Etat a également abordé la question des monnaies au niveau international. 'On ne peut plus rester dans cette pagaille monétaire qui est extraordinaire', d'où la nécessité d'un 'nouveau système monétaire international', a-t-il insisté. La France, qui a pris la présidence du G20 et du G8 pour un an vendredi dernier, a déterminé cette problématique monétaire comme l'un de ses chantiers prioritaires. Lors du sommet du G20 qui s'est déroulé la semaine dernière à Séoul, les dirigeants des pays membres se sont mis d'accord pour éviter toute 'dévaluation compétitive' et de 'favoriser des taux de change davantage déterminés par le marché'.

La Chine, pays central dans ce dossier, a donné son accord pour l'organisation, au printemps 2011, d'un séminaire sur la question des monnaies, que Nicolas Sarkozy ira présider 'avec les Chinois pour essayer d'avancer dans cette direction'. Ce mercredi, le président français doit rencontrer le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn.

Par ailleurs, le dirigeant de la France a souligné la nécessité d'un 'nouveau système pour financer le développement de l'Afrique', souhaitant que 'la France montre l'exemple sur la taxation des transactions financières'. 'On peut imaginer une taxation très faible pour apporter à l'Afrique et aux pays pauvres les moyens de donner de l'emploi à leur population', a-t-il avancé.