C’est un cadeau de Noël inattendu pour les responsables de Bercy. Jeudi soir, l’agence de notation financière Standard&Poor’s a confirmé la note souveraine de crédit ‘triple A’ de la France, estimant que le pays fait preuve de la prudence suffisante dans ses prévisions budgétaires.

«Les notes de la France continuent de refléter notre opinion sur la richesse (...) de l'économie française, ainsi que sur son environnement politique, que nous considérons comme stable et orienté vers une politique économique prudente», a déclaré Marko Mrsnik, analyste de crédit de l'agence.

«La perspective stable reflète notre opinion selon laquelle le gouvernement français maintiendra ses efforts d'assainissement budgétaire et pourrait réduire le déficit public général à environ 3% du PIB en 2013», a-t-il ajouté.

La rigueur doit continuer

Le triple A est la meilleure note pour un emprunteur souverain. Moody's et Fitch, les deux autres agences de notation, attribuent également cette note à Paris.
De quoi balayer les doutes sur la qualité de la dette française, dont les rendements avaient récemment grimpé sur fond de crise au sein de la zone euro. Cette tension reflète davantage les préoccupations concernant le prix que les grands pays de la zone euro pourraient avoir à payer pour sauver les pays plus faibles qu’une véritable défiance vis-à-vis de la gestion des finances publiques, selon les analystes.

Néanmoins, S&P invite la France à prendre des «mesures supplémentaires» pour atteindre son objectif d’un déficit public de 3% en 2013. «Si le gouvernement ne parvient pas à atteindre son objectif de déficit budgétaire, la note de crédit souverain à long terme pourrait être sous pression baissière», souligne l’agence.

En attendant, l’euro s’est légèrement raffermi après cette annonce. Il vaut ce matin 1,3125 contre 1,3090 jeudi. Hier, l'agence de notation Fitch a abaissé d’un cran la note du Portugal (A+) soulignant les risques de récession de l’économie portugaise en 2011.