Le bouclier fiscal a bel et bien été élargi par une instruction en date du 29 décembre, afin que les contribuables français résidant à l’étranger puissent en bénéficier, révèle ce jeudi La Tribune. Par la même instruction, ces « non-résidents » bénéficient également du plafonnement de l’impôt sur la fortune (ISF) afin d’éviter que la somme de cet impôt et de l'impôt sur le revenu ne dépasse 85% de leurs revenus nets imposables, précise le journal.

Or la France s’était dans un premier temps opposée à l’avis de la Commission européenne qui lui demandait, en vertu du droit européen, d’étendre le bouclier fiscal aux non-résidents. «Nous contestons la position de la Commission», avait alors déclaré le ministre du Budget, François Baroin. Interrogés par La Tribune, les fonctionnaires de Bercy minimisent le revirement. La mesure ne touchera qu’un petit nombre de contribuables, en l’occurrence les personnes qui, tout en résidant à l’étranger, perçoivent l'essentiel de leurs revenus en France et qui sont imposables à titre principal en France, expliquent-ils.

Etant donné l’impopularité du bouclier fiscal, on comprend que Christine Lagarde et François Baroin ne voulaient pas faire trop de publicité autour de cette mesure. D’autant plus que les jours du bouclier fiscal sont comptés : il y a fort à parier qu’il sera supprimé dès l’été prochain dans le cadre de la réforme de la fiscalité sur le patrimoine annoncée par le gouvernement.