Faire évoluer l’impôt sur la fortune sans le supprimer. Telle est la position défendue hier soir sur BFM-TV par le ministre du Budget, François Baroin. Ce dernier propose une « remontée du seuil d’entrée à l’ISF » qui passerait de 790 000 euros de patrimoine à 1,3 million, ce qui permettrait d’en exclure quelque 300 000 ménages (sur un total de 560 000 redevables). Le manque à gagner pour l’Etat est estimé à 900 millions d’euros, soit à peu près de ce que coûte le bouclier fiscal (entre 700 et 900 millions), qui sera supprimé. « Si c’est cela la réforme, cela ne coûte pas cher », a tenu à démontrer le ministre.

Alors que la suppression pure et simple de l’ISF avait été évoquée par le président de la République et la ministre de l’économie, le gouvernement semble aujourd’hui faire marche arrière devant l’inquiétude d’une partie des députés de la majorité quant à l’impact d’une telle mesure sur l’opinion et sur les finances publiques. En 2010, l’ISF aurait rapporté 4,5 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat, d’après Les Echos, soit beaucoup plus que l’estimation donnée en juin par Bercy (3,3 milliards, en légère hausse par rapport à 2009).

Les redevables de la 1ère tranche - jusqu’à 1,3 million de patrimoine - rapportent peu par rapport à ceux des tranches supérieures et sont souvent victimes de la revalorisation de leur résidence principale, d’où la piste d’une exonération les concernant. Mais le gouvernement n’oublie pas les plus riches dans sa réforme : toujours d’après Les Echos il envisage de réduire les taux les plus élevés d’ISF (1,65 % et 1,8 %) afin notamment d’éviter les départ de grosses fortunes à l’étranger. Une autre piste serait de rétablir le « plafonnement Rocard » limitant l’imposition globale d’un ménage (impôts sur le revenu + ISF) à 70% de ses revenus.