Les perspectives économiques s’assombrissent en France. L’Insee s’attend à une quasi-stagnation de l'économie jusqu'à la fin de l'année, et à une hausse du chômage. «Le climat des affaires s'est, depuis juin, sensiblement dégradé dans l’industrie, les services et le commerce, et les indicateurs disponibles en septembre signalent tous un retournement de la conjoncture», relève l’institut dans son point de conjoncture publié hier.

Il table désormais sur une croissance du PIB de 0,3 % au troisième trimestre, et sur une croissance nulle (0,0 %) au quatrième. Sur l’ensemble de l’année, le PIB augmenterait de 1,7%, une prévision en ligne avec celle du gouvernement (1,75%) mais révisée en baisse de 0,4 point par rapport à juin.

Si la consommation des ménages devrait continuer à augmenter légèrement sur le semestre, l’investissement des entreprises risque de se tasser, prévient l’Insee. «Les secteurs marchands ne créeraient que 24 000 emplois au second semestre, contre 112 000 au premier. Le taux de chômage augmenterait donc à nouveau, malgré une intensification du recours aux emplois aidés d’ici la fin de l’année.»

Ces prévisions supposent qu’il n’y ait pas d’aggravation des tensions financières d’ici la fin de l’année, or «un grippage des canaux de financement de l’économie ne peut être exclu, et il aurait pour conséquence un freinage plus prononcé de la demande», précise l'institut. «En revanche, la mise en œuvre par les pays concernés de mesures susceptibles de restaurer la confiance des agents économiques en la solidité du système financier mondial pourrait créer un effet favorable sur les anticipations». D’où l’absence de prévisions pour 2012, dont la croissance sera largement dépendante des décisions prises pour stabiliser la zone euro.