La France est à nouveau dans le collimateur des agences de notation. L’une d’entre elles, Moody’s, a surpris les investisseurs en annonçant un réexamen, d’ici trois mois, de la perspective « stable » associée au triple A français. Cette annonce fait reculer la Bourse de Paris ce mardi et pèse en particulier sur les valeurs bancaires.

Dans son rapport annuel sur la note de crédit de la France publié ce matin, l'agence de notation n'évoque pas expressément l'éventualité d'une perspective «négative». Toutefois, «la détérioration des chiffres de la dette et la possible émergence de nouveaux engagements financiers (sauvetage de la Grèce, recapitalisation des banques, ndlr) exercent une pression sur la perspective stable de la note Aaa de l'Etat» français, estime-t-elle. D’où les craintes d’une dégradation de la perspective, qui pourrait passer à négative d’ici la fin de l’année, et pourrait entraîner la perte du triple A à plus ou moins longue échéance (de 6 à 24 mois).

"Tout sera mis en oeuvre"

«Le triple A français est un peu sur la sellette, surtout si l'économie française devait affronter un choc bien plus profond que ce que l'on anticipe», a commenté Jean-Christophe Caffet, économiste de Natixis, cité par Reuters. C’est aussi la crainte du gouvernement, qui semble prendre l’avertissement de Moody’s très au sérieux.

Ce matin sur France 2, le ministre de l’économie, François Baroin, a évoqué le risque d’un ralentissement mondial «très rapide et peut-être sévère», qui jette une ombre sur la prévision de croissance du gouvernement pour 2012. Actuellement de 1,75%, cette prévision est «probablement trop élevée» et pourrait être revue à la baisse, a-t-il précisé. Cependant, «tout sera mis en œuvre» pour conserver le triple A. «S'il le faut, nous prendrons les mesures nécessaires pour être au rendez-vous», a indiqué M. Baroin, alors que s’ouvre ce mardi à l'Assemblée nationale l'examen du projet de budget pour 2012. Un budget que certains économistes jugent trop timoré en matière d’économies.