Face à un déficit massif, à une dette de 1700 milliards d’euros, à une croissance quasi nulle, et à aucun programme crédible de relance de la dynamique, pour beaucoup d’économistes, la perte du triple A de la France ne fait plus débat. La question n’est plus de savoir si l’Hexagone va perdre ou pas son fameux triple A mais quand est ce qu’elle va le perdre, par qui, et de combien de crans.

Une décision de S&P pourrait bien survenir dans les jours qui viennent. L’agence de notation Moody’s devrait patienter jusqu’à la mi-janvier. La perte d’un cran est acquise. Reste à savoir si la dégradation pourrait être plus importante.

Confronté à ce risque de dégradation grandissant, le gouvernement cherche à minimiser la situation, ce même gouvernement qui, il y a quelques mois, s’était efforcé de sensibiliser les Français à la note souveraine du pays en mettant en avant que le triple A était une richesse nationale et que le perdre serait une véritable catastrophe.

A présent, le ministre François Baroin tente de rassurer en affirmant que la perte du triple A, s’il elle est significative, n’est pas déterminante. «La perte de notre triple A n’est pas l’alpha et l’omega. La catastrophe résiderait dans le fait de ne pas parvenir à réduire notre dette et notre déficit. Ce n’est pas la grenouille du matin qui donne la météo pour le gouvernement. Cela ne l’a jamais été. Par ailleurs, c’est l’ensemble de la zone euro qui est aujourd’hui questionnée par ces agences, l’Allemagne, la Finlande, les Pays Bas, le Luxembourg. A nous à l’intérieur de la zone de créer les conditions de la stabilité».