Paris et Berlin sont sur la même longueur d’ondes concernant la taxe sur les transactions financières. Ou presque. Réunis ce lundi à Berlin, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont tous deux plaidé pour la mise en place de cette taxe au niveau européen. Mais leurs calendriers diffèrent.

«La France appliquera le projet de directive européenne», a affirmé Nicolas Sarkozy. «Si nous ne montrons pas l'exemple, ça ne se fera pas». Le projet de directive présenté en septembre 2011 par la Commission européenne prévoit une taxe de 0,1 % sur les achats d’actions et d’obligations et de 0,01 % sur les produits dérivés.

"Pas de majorité"

De son côté, la chancelière allemande veut croire à une approche concertée : «le but est d'avoir une déclaration d'intention des ministres des Finances (de l'UE) d'ici début mars», a-t-elle déclaré. Dans cette optique, l’activisme de Nicolas Sarkozy est «une bonne initiative pour passer de la parole à l'acte», a estimé Mme Merkel, qui a cependant reconnu que la mesure n’avait «pas de majorité» en sa faveur au sein de son propre gouvernement.

Or, en l’absence de participation du Royaume-Uni à cette taxe, la chancelière allemande a peu de chances d’obtenir le ralliement de ses alliés libéraux au sein de la coalition gouvernementale. Paris est donc toujours seul en pointe sur le dossier.

Dans une tribune publiée vendredi, l’association Paris Europlace, qui représente l’ensemble des acteurs de la place financière française, a tenté de dissuader le gouvernement de faire cavalier seul, estimant qu’«une taxe sur les transactions financières, si elle n’était pas européenne, affaiblirait l’économie française». Mais en cette année électorale, le calendrier politique risque de prendre le pas sur celui des marchés.