La croissance de l’économie française s’est élevée à 1,7% en 2011, après +1,4% en 2010, a annoncé l’Insee ce matin. La bonne surprise réside dans les chiffres du quatrième trimestre, où le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,2% alors que l’Insee prévoyait jusqu’ici une baisse de 0,2%.

Cette bonne performance s’explique par une reprise des investissements des entreprises et par la réduction du déficit commercial en fin d’année. En revanche, les dépenses des ménages ont légèrement ralenti (+0,2% contre +0,3 % au troisième trimestre). «Le résultat du 4e trimestre porte à +0,3% l’acquis de croissance pour 2012. Ceci conforte donc la prévision du gouvernement à +0,5% pour l’ensemble de l’année», a commenté dans un communiqué le ministre de l’économie, François Baroin.

Si l’économie française est restée dans le vert au quatrième trimestre, ce n’est pas le cas de ses principaux voisins, affectés notamment par la crise de la dette : l’Allemagne a enregistré une baisse de son PIB de 0,25%, l’Espagne de 0,3% et l’Italie de 0,7%. Au niveau de la zone euro, la contraction a été de 0,3%.

Baisse des carnets de commande


«Nos exportations risquent de ralentir au premier trimestre 2012 car les débouchés européens se réduisent», constate alors Juliette Hubert, économiste au centre de recherches Astérès. Selon elle, les éléments qui ont fait la croissance du quatrième trimestre sont fragiles : «L’investissement des entreprises risque de fléchir car les chefs d’entreprises constatent une dégradation de leurs carnets de commandes depuis décembre. Le taux d’utilisation des capacités de production a d’ailleurs cessé d’augmenter en janvier».

Autant de signes que l’heure est au ralentissement, si ce n’est à la récession. «Nous ne devrions pas être confrontés à un décrochage brusque de l’activité, mais plutôt à une croissance durablement faible ou légèrement négative», précise Mme Hubert.

De son côté, François Baroin table sur un rebond de l’économie au second semestre, à condition que l’Europe soit parvenue d’ici-là à endiguer la contagion de la crise grecque.