Dans un "éclairage sur l'évolution de l'économie française depuis la récession de 2009", l’Institut national de la statistique souligne la faiblesse de la reprise observée ces deux dernières années, qui n’ont pas permis à l’économie française de retrouver son niveau de 2007.

« Deux ans après la sortie de récession, l'économie française retrouve tout juste le niveau d'activité de 2008, la production manufacturière demeurant même inférieure de plus de 5% à son niveau d'avant-crise », souligne l’Insee. Résultat, le PIB tricolore est inférieur de 7,5% à celui qui aurait été réalisé s'il n'y avait pas eu de crise. Ce chiffre représente 140 milliards d'euros d'activité et 70 milliards d'euros de recettes fiscales en moins dans les caisses de l’Etat, selon l’institut.

Seul le secteur agroalimentaire a retrouvé son niveau d’avant-crise, souligne l’Insee, les autres industries manufacturières (biens d'équipement, matériels de transport et "autres") affichant une activité inférieure de 5%. Pour la cokéfaction et le raffinage, le retard d’activité culmine à 22%.

Les conséquences se font sentir dans les comptes des entreprises. Le taux de marge des sociétés produisant des biens et services non financiers a atteint fin 2011 son niveau le plus bas depuis 25 ans, en baisse de 1,5 point à 28,6%. Ce recul s'est accompagné d'une « chute » de leur épargne (-11,5%) et d'une « forte baisse » de leur capacité propre de financement (-14,6 points à 67,2%), souligne l'Insee.

Si l’Institut prévoit un retour progressif à un rythme de croissance "normal", il sera inférieur à celui escompté avant la crise.