« C'est d'une France affaiblie sur le plan économique dont nous héritons ». C’est ainsi que le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, a justifié les hausses d’impôts décidées dans le cadre d’un collectif budgétaire présenté ce mercredi, qui amende le budget 2012 voté par l'ancienne majorité.

Le gouvernement compte récupérer cette année 7,2 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires au travers de la création de nouvelles taxes et de la réduction d’un certain nombre d’avantages fiscaux. En 2013, un effort supplémentaire de 6,1 milliards d’euros sera demandé aux Français, sur la base des prévisions de croissance du gouvernement.

La principale nouveauté réside dans une surtaxe "exceptionnelle" sur les redevables de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui doit rapporter à elle seule 2,3 milliards d'euros en 2012. Par ailleurs, des taxes spéciales frapperont les secteurs bancaire et pétrolier, avec comme conséquence possible une augmentation du prix des carburants d'un centime par litre à la pompe.

Les autres mesures étaient déjà connues : fin de l’exonération des heures supplémentaires dans les entreprises de plus de 20 salariés (recette attendue : environ un milliard en 2012) ; alourdissement de la fiscalité sur les donations et successions (2,3 milliards) ; relèvement du forfait social sur l’épargne salariale (à charge de l’employeur).

Du côté de la bourse, les dividendes distribués aux actionnaires seront dorénavant taxés à hauteur de 3% et la taxe sur les transactions financières, qui doit entrer en vigueur au 1er août, sera doublée, passant de 0,1% à 0,2%. Les stock-options seront également plus fortement imposés.

Le gouvernement a confirmé l’abandon de la « TVA sociale », qui consistait en une hausse de 1,6 point de la TVA au 1er octobre, mais a laissé planer le doute sur une possible augmentation de la CSG en 2013. Il assure que l’essentiel des hausses d’impôts sera concentré sur 2012 -2013. Quant aux dépenses publiques, elles devront être réduites de 1,5 milliard d’euros cette année, qui s’annonce comme « un exercice très difficile », selon le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.