C’est le troisième trimestre consécutif que le PIB de l’Hexagone ne décolle pas.

Selon les données de l’Insee, les dépenses des consommateurs-qui constituent le principal moteur de l’économie française- ont diminué de 0,2% après avoir augmenté de 0,2% à la fin du premier trimestre. Les importations ont crû davantage que les exportations.

Les dépenses d’investissement des entreprises se sont élevées de 0,7%, après un fléchissement de 1,4% fin mars. Le restockage des entreprises a contribué à hauteur de 0,3% de la croissance.

S’exprimant à la radio d’Europe 1, le ministre des finances, Pierre Moscovici a reconnu que la croissance était faible, mais a tenu à relativiser la situation comparativement à d’autres grands partenaires européens qui sont tombés en récession, parmi lesquels l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni.

Pierre Moscovici a fait état d’un espoir de voir la croissance réapparaitre au cours de la deuxième moitié de l’année alors que la selon la Banque de France, une contraction de la croissance devrait se dessiner au troisième trimestre.
Le sentiment de confiance des dirigeants d’entreprises est à son plus bas niveau depuis trois ans. La production industrielle est inférieure à son niveau d’avant crise de 2008 de 17%.

A la recherche d’économies supplémentaires


Un rapport de la Cour des comptes en juillet montrait que le pays devrait trouver environ 33 milliards d’euros d’économies l’année prochaine pour atteindre l’objectif de réduction du déficit à 3% du PIB, contre 4,5% envisagé pour 2012.

Si la croissance venait à s’affaiblir davantage qu’anticipé, le gouvernement sera contraint de procéder à davantage de coupes dans les dépenses et de hausses d’impôts. Le gouvernement table sur une croissance de 1,2% en 2013.

« Nous allons devoir travailler dur pour retrouver cette croissance et nous allons avoir besoin d’utiliser tous les leviers, comme le levier européen », a déclaré M Moscovici. « Je ne veux pas d’une Europe d’austérité, je veux une Europe de croissance » a complété le ministre des finances. En cela l’union monétaire se doit d’accélérer la mise en œuvre de ses politiques de croissance et de ses mécanismes de stabilité.

Rappelons que François Hollande a été parmi les plus fervents défenseurs du Pacte de croissance européen.

Une politique  économique de plus en plus désavouée

Un sondage mené par l’institut Ifop, publié dans le journal Le Figaro, samedi, montrait que les Français étaient devenus plus sceptiques eu égard à la politique économique menée par le gouvernement de François Hollande.

Dans un échantillon de 1004 personnes, 63% des sondés ont signalé ne pas avoir confiance en François Hollande pour diminuer le taux de chômage, 60% ont avancé ne pas être confiants sur son aptitude à réduire la dette de la France.

Selon l’économiste, Alain Minc, qui s’exprimait à la radio de RTL, le gouvernement devra tôt ou tard accepter que le coût du travail érode la compétitivité du pays. «Notre problème de compétitivité n’existe pas uniquement vis-à-vis de l’Allemagne, mais aussi de plus en plus vis-à-vis de l’Espagne et de l’Italie ».
Les réformes mises en œuvre par Rome et Madrid auraient permis de booster leurs exportations de 10 à 15%. A l’inverse, les derniers chiffres signalent que le déficit du commerce extérieur français a atteint son niveau record.