Un « Haut Conseil des finances publiques » va être créé auprès de la Cour des comptes pour assurer le suivi de la politique budgétaire du gouvernement. C’est qu’a annoncé vendredi le président de la République lors d’une cérémonie à la Cour des comptes, anticipant sur l’adoption du traité européen de discipline budgétaire « qui sera soumis au Parlement dans les prochains jours ».

Ce traité exige en effet que soit créée, dans chaque pays européen, une « autorité incontestable » en matière de finances publiques, qui veille au respect la « règle d’or » de retour à l’équilibre des comptes. Ce rôle sera dévolu au Haut Conseil, qui sera présidé par le premier président de la Cour des Comptes et comprendra quatre magistrats de la Cour ainsi que quatre personnalités qualifiées nommées par le Parlement.

"Aucune légitimité"

Ces personnalités devront notamment vérifier les hypothèses de croissance sur lesquelles se fondent les lois de finances, autrement dit les projets de budget gouvernementaux. « Trop de gouvernements se sont souvent, par le passé, laissés guider par des prévisions exagérément optimistes et le plus souvent démenties », a commenté François Hollande, alors même que les prévisions actuelles du gouvernement sont jugées excessivement optimistes par les économistes.

« Ce Haut Conseil sera, pour la République, une garantie de crédibilité, d'indépendance et de transparence », a insisté le président de la République. Le président de la Cour des Comptes, l’ex député socialiste Didier Migaud, a salué cette décision « comme la meilleure façon de transposer le nouveau cadre européen ».

« C'est une instance qui n'a aucune légitimité », a rétorqué le secrétaire national du Parti de Gauche, François Delapierre. Interviewé par l’agence Reuters, ce dernier a souligné que la création de cette autorité ne faisait pas partie du programme de François Hollande et qu'elle aurait un pouvoir « exorbitant ».