Le président de la République a reconnu vendredi au micro d’Europe 1 que 2013 serait une année « difficile » en raison de la faible croissance attendue et de la montée du chômage. François Hollande a aussi réaffirmé l’objectif de réduire le déficit à 3% du PIB, contre 4,5% cette année, ce qui implique un taux de croissance d’au moins 0,8% sur l’année à venir. Or, les prévisions publiées jeudi par l’Insee laissent place au doute quant à cet objectif.

Dans sa note mensuelle de conjoncture, l’Institut national de la statistique et des études économiques indique que l’économie française s'est probablement contractée de 0,2% au quatrième trimestre. « Les enquêtes de conjoncture n’indiquent pas d’amélioration franche du climat des affaires depuis plusieurs mois et les premières données d’activité disponibles laissent même attendre une rechute de l’activité, en partie par contrecoup du rebond de la production manufacturière du troisième trimestre », explique l’Institut.

Le taux chômage au-delà des 10%

« Toutefois, la demande, interne comme externe, semble faire preuve d’une certaine résistance. Cette résistance de la demande en France devrait se poursuivre au premier semestre 2013, permettant à l’activité de progresser à nouveau, légèrement, au premier semestre 2013 (+0,1 % par trimestre) », et donc d’éviter la récession, qui se définit comme l’enchaînement de deux trimestres de baisse du PIB.

Compte tenu des faibles perspectives d’activité, le chômage continuera à augmenter au moins jusqu’au quatrième trimestre. Il devrait atteindre 10,5% de la population active à la mi-2013, contre 10% aujourd’hui. Le record absolu avait été atteint en 1994 et 1997, avec 10,8% de chômage. « La volonté qui est la mienne, c'est qu'à la fin de l'année 2013, il y ait une inversion» de la courbe, c'est à dire qu'«à ce moment la, le chômage régressera », a précisé François Hollande.

Il faudrait pour cela un net rebond de l’activité au second semestre. Pour cela, le gouvernement compte sur les premiers effets de son « pacte de compétitivité » et sur une amélioration chez ses principaux partenaires commerciaux comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.