Alors que la France semblait mieux résister que la plupart des pays de la zone euro en 2012, la tendance semble s’inverser en ce début d’année. Selon les résultats définitifs de l'indice PMI des directeurs d’achats, établi tous les mois par la société Markit, l’économie française a enregistré en janvier son plus fort recul depuis mars 2009.

L'indice final composite de l'activité globale en France - qui combine l'activité des secteurs services et industrie -, a baissé à 42,7 contre 44,6 en décembre, soit son plus bas niveau depuis 46 mois. Il s'éloigne fortement du seuil de 50 points qui marque la frontière entre périodes d'expansion et de contraction.

« Les difficultés croissantes du secteur des services français font écho en janvier à la tendance négative observée dans l'industrie manufacturière, témoignant ainsi d'une détérioration générale de la conjoncture dans le secteur privé français en ce début d'année 2013 », explique l'économiste de Markit, Jack Kennedy, cité dans un communiqué. Selon lui, « les entreprises françaises doivent de toute évidence faire face à de forts vents contraires liés à une baisse des dépenses de leurs clients dans un climat d'incertitude grandissante ».

1000 usines fermées en quatre ans

Pendant ce temps, en Allemagne, l'indice a atteint en janvier son plus haut niveau en 19 mois (54,4), si bien que jamais l’écart entre les deux pays n’a été aussi grand, selon Markit.

La France semble d’ailleurs à contre-courant de l’ensemble de la zone euro qui montre « des signes clairs de guérison, avec un net ralentissement du déclin en janvier » et une tendance à la stabilisation relève un autre économiste de Markit, Chris Williamson.  L'indice PMI composite de la zone euro s'est inscrit à 48,6 en janvier, son plus haut niveau depuis dix mois. L'indice est à 54,9 en Irlande, son plus haut niveau en deux mois. L'Espagne atteint 46,5, le meilleur indice pour ce pays en 19 mois. Seule l’Italie subit, comme la France, un recul. A 45,4, son PMI atteint un plus bas de deux mois.

Lundi, le cabinet Trendeo a révélé que la France avait perdu plus d'un millier d'usines depuis 2009, avec une accélération des fermetures en 2012 (266 sites de plus de dix salariés). L''industrie manufacturière française a ainsi supprimé près de 24 000 postes l'année dernière et plus de 120 000 depuis janvier 2009.