C’est paradoxal en période de crise et de hausse du chômage, le pouvoir d’achat des Français a progressé au premier trimestre 2013, selon l’Insee.

« Le pouvoir d'achat du revenu des ménages augmente de 1,0 % au premier trimestre 2013 après s’être replié de 0,9 % fin 2012. Mesuré par unité de consommation, ce qui permet de le ramener à un niveau individuel, il progresse de 0,8 % après une baisse de 1,0 % au quatrième trimestre 2012 », indique l’institut dans une note publiée mercredi.

Plusieurs facteurs expliquent ce léger rebond : une moindre pression fiscale en particulier pour les redevables de l’ISF - ces derniers ont acquitté en 2012 une contribution exceptionnelle qui n’a pas été reconduite cette année - la hausse des salaires (+0,4%) et des prestations sociales (+0,7%). Ces hausses ont été plus fortes que l’inflation (+0,3%) ce qui explique l’amélioration globale du pouvoir d’achat.

Pour autant, les ménages n’ont pas relâché les cordons de la bourse. « La consommation des ménages en valeur croît faiblement (+0,2 % comme au trimestre précédent), note l’Insee, en revanche « le taux d’épargne des ménages se redresse nettement après deux trimestres de baisse. Il passe de 15,1 % fin 2012 à 16,0 % début 2013, et retrouve ainsi son niveau du printemps 2012 ».
Cette prudence est certainement liée aux sombres perspectives sur le marché du travail et au contexte économique dégradé. L’Insee a ainsi confirmé son estimation d’une baisse de 0,2% du PIB au premier trimestre, synonyme de récession, et prévoit au mieux une stabilisation de l’activité sur l’ensemble de l’année.