«Je fixe un nouvel objectif, c’est que d’ici 2017, pour les entreprises et pour les travailleurs indépendants, ce soit la fin des cotisations familiales. Cela représente 30 milliards d’euros de charges». Cette phrase prononcée hier par François Hollande restera comme l’une des grandes annonces de son quinquennat, synonyme selon les politologues du « virage libéral » du chef de l’Etat. Car, dans le même discours, le président de la République a annoncé une baisse des dépenses publiques de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017. Cette baisse, a-t-il précisé, vise à financer les allègements de charges sur les entreprises.

Les chiffres avancés par le chef de l’Etat sont-ils exacts ? Pas tout à fait. Les entreprises et travailleurs indépendants devront s’acquitter de 35,1 milliards d’euros de cotisations familiales en 2014, ce qui représente 62% du financement de la branche famille, le restant provenant de la CSG et de divers impôts et taxes. La suppression des cotisations familiales ne va donc pas coûter 30 mais 35 milliards à l’Etat. 

Sauf qu’en réalité, les entreprises devront choisir entre cette baisse de cotisations et le maintien du crédit impôt compétitivité emploi (CICE), qui équivaut à un allègement de charges de 20 milliards d’euros en 2015, selon Bercy. A partir de 2016 «les entreprises, avec les partenaires sociaux», devront décider si elles préfèrent que le CICE «soit transformé en baisse de cotisations, ou qu’il y ait le maintien du CICE et un allègement - mais qui à ce moment-là ne pourra pas être aussi conséquent - de cotisations», a précisé M. Hollande. Autrement dit, si le crédit d'impôt est maintenu en 2016, la baisse des cotisations familiales ne sera que de (35-20=) 15 milliards.

«Mais de toute manière, l’équivalent des cotisations familiales, 30 milliards, devra être trouvé pour baisser les charges des entreprises en contrepartie des emplois qui seront créés», a insisté le chef de l’Etat. Cela passe par une baisse des dépenses de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale.