Cette dernière a été choisie, selon José Fernandez, directeur de l’offre financière de l’UFF pour son expérience affirmée dans la gestion des petites valeurs. Sur les 7,4 milliards d’euros d’encours sous gestion, les grandes PME européennes représenteraient 2 milliards d’euros. Les small caps françaises accapareraient environ 800 millions d’euros. Un fonds dédié aux seules PME a même été mis en place en 2013 pour le compte propre de la Financière de l’Echiquier. Celui-ci fait 50 millions d’euros et a vocation à contenir 45 noms différents.

Trois garde-fous

Le fonds souhaité par UFF est un fonds purement actions. Aucun instrument de dette ne sera donc mis à l’intérieur, pas de monétaire, pas d’obligations souveraines de pays qualifiés de refuge comme l’Allemagne.

De manière cependant à s’assurer du bon pilotage du fonds et protéger les intérêts des clients, des garde-fous ont été définis en amont. En premier lieu, le fonds sera davantage orienté vers les valeurs de croissance. Celles-ci devraient constituer au moins 75% du portefeuille. « Il est très difficile d’être investisseurs de façon qualitative et quantitative sur uniquement des entreprises qui présentent une opportunité d’investissement à un moment donné » explique Didier Le Menestrel, président de la Financière de l’Echiquier. « Nous n’avons pas vocation à faire du trading, mais à faire des placements sur une longue durée, trois ans en moyenne, voire plus. En cela, nous n’allons pas nous intéresser à une société parce que son cours baisse subitement suite à l’annonce de résultats quelques peu défavorables » ajoute ce dernier.
Les critères fondamentaux considérés seront alors le management-sa qualité, sa vision, son track record-, l’amélioration de la rentabilité des capitaux employés, la génération de cash. « Dans les petites entreprises, le manque de cash peut parfois être un gouffre infranchissable » met en garde Didier Le Menestrel.

Les actions décotées susceptibles de profiter d’un retournement propice seront inclues dans une partie satellite. « Des valeurs comme Thyssenkrupp, Safoland, Clinica Baviera en Espagne pourraient entrer dans cette optique» précise Didier Le Menestrel.

L’univers est estimé dans sa totalité à 3800 valeurs ce qui amène le responsable de la Financière à indiquer que si un rattrapage a grandement été observé sur le segment small caps, d’une part celui-ci s’est surtout fait sur quelques valeurs clairement identifiées et d’autre part les niveaux de valorisation sont tels que la marge de manœuvre reste abondante.

De manière à veiller à ce que la liquidité soit bien conduite, un autre rempart a été recherché dans la taille du fonds. «A mes yeux la taille d’un fonds de petites capitalisations ne doit pas aller au-delà de 200 millions d’euros d’encours sous gestion pour conserver sa pertinence ».

Enfin, une poche sera consacrée à des larges capitalisations à hauteur de 25% des encours. Parmi les fortes convictions qui pourraient être intégrées ont été mentionnées Michelin, Seb, Croda, Fresenius, ou encore Safran.
« Cette dernière contrainte a une motivation psychologique et découle du traumatisme laissé par 2008. Cela a été la première année nous avons été obligés de vendre des actifs dont on savait que c’était une bêtise de les vendre » commente Didier Le Menestrel.

Cap sur le Royaume-Uni

La stratégie d’investissement est avant tout basée sur de la sélection de valeur. Aucun modèle de répartition géographique ou sectorielle n’est donc suivi préalablement. Cependant, le pressenti est que le Royaume-Uni, peu présent l’allocation de la société de gestion depuis 3 ans, devrait occuper une place de plus en plus importante.

Ainsi parmi les choix de titres envisagés pour ce nouveau fonds se trouve Advanced Medical Solutions, une société anglaise découverte il y a un an. Un coup de cœur, selon José Berros, gérant du fonds, a la suite de la rencontre avec le dirigeant arrivé en 2005. « L’entité a généré 59 millions de livres de chiffre d’affaires en 2013, un résultat multiplié par sept en 9 ans. L’objectif est d’atteindre 100 millions de livres dans trois ans L’Ebitda ressort à 29%. Le free cash flow s’élève à de plus de 15% du CA. Le business model de consommables médicaux offre une récurrence des revenus et donc une ferme visibilité. Les produits viennent d’être enregistrés par l’Autorité de régulation américaine. L’activité au sein de la première puissance mondiale devrait s’avérer très porteuse. Enfin, Advanced Medical Solutions mise sur la croissance externe. Le rachat d’une société allemande a été opéré en 2011.
D’autres acquisitions sont en perspectives » développe José Berros.

La France reste dominante dans le portefeuille. Les actions françaises constituent la moitié des lignes. Il y a notamment Boursorama, Nextradio, Axway, Jaquet Metal, HeurteyPetrochem. L’équipe de gestion a cependant à cœur de d’emmener progressivement le pays à ne monopoliser qu’un tiers des encours du fonds.

Sur le front sectoriel, « nous faisons attention à ne pas être trop sous ou sur exposés à certaine thématiques ou secteurs » signale José Berros.

Des valeurs peuvent être trouvées dans des segments qui a priori ne semblent pas porteur, par exemple le cinéma avec Cineworld dont la croissance organique est 4% à 5% par an et qui a mis la main il y a quelques jours sur Cinema City, le leader de la cinématographie dans plusieurs pays de l’est dont Ukraine, la Pologne, la Roumanie…

Un fonds multi enveloppes

Le fonds ne sera pas seulement éligible au PEA PME mais aussi au simple PEA et dans les contrats d’assurance vie.
« Nous avons en France de très nombreux PEA qui ne sont pas au plafond des versements, qui ont une caractéristique fiscale intéressante, et qui n’inciteront pas les épargnants à ouvrir une nouvelle enveloppe fiscale pour repartir à zéro » jusitifie José Fernandez. « En outre, nous n’avons pas besoin d’attendre les décrets d’application du PEA PME pour commencer à proposer le produit » complète ce dernier.

Didier Le Menestrel se dit ne pas être inquiet par la problématique de l’éligibilité des valeurs dans le PEA PME dans la mesure où le décret d’application n’a pas encore été adopté. « Nous avons assez de marge avec les paramètres phares comme le chiffre d’affaires, la taille de bilan, le nombre de personnes dans l’entreprise, pour ne pas avoir de soucis particulier par rapport aux valeurs sur lesquelles nous avons choisi de nous positionner ».